Articles par balises :Morale

Côte d’Ivoire : et si l’intelligentsia universitaire ivoirienne avait hier interpellé Laurent Gbagbo comme elle interpelle Alassane Ouattara aujourd’hui ?  0

En lisant dans les journaux le discours de sagesse et d’interpellation prononcé  par l’éminent Professeur de Droit Francis Wodié (cf « Condamnation de Hubert Oulaye,Wodié interpelle Ouattara : Attention, qui sème la condamnation récolte la damnation »,) j’ai éprouvé un sentiment de mélancolie et de tristesse. Je me suis alors posé cette question. Pourquoi ce sursaut moral de l’intelligentsia universitaire n’eût-il pas lieu plus tôt, dès la brutalisation de la vie politique sous le régime de Laurent Gbagbo ? Quand l’anomie menace d’envahir la cité et  de la dissoudre, ce sursaut critique des élites charismatiques de l'Université peut en effet réveiller la lucidité publique et brider les passions politiques.

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Côte d’Ivoire. Pratiquer la realpolitik de la prudence : un viatique existentiel pour le PDCI et le RDR.

Pratiquer la realpolitik de la prudence consiste, au sens aristotélicien du terme, en ce que l’habileté soit reprise et tirée du bon côté par la vertu morale. Ce conseil pragmatique de la raison  politique devrait être, pour le PDCI et le RDR, un viatique existentiel indispensable. La configuration de la situation politique de la Côte d’Ivoire les oblige à se réapproprier cette realpolitik démocratique, union de la politique et de la morale. Ces deux partis devraient, dans la lutte politique qui les oppose, concilier « la prudence du serpent » à « la simplicité de la colombe » comme le conseille le philosophe Emmanuel Kant. Le philosophe souligne, dans son opuscule Le projet de paix perpétuelle, que « la droiture vaut mieux que toute politique » et que  cette proposition théorique  est « la condition inéluctable de la politique ». Pour opérer des choix politiques gagnants dans la recomposition du champ politique ivoirien, le PDCI et le RDR devraient unir la préoccupation d’efficacité à celle de rigueur morale, allier le souci d’habileté au souci de droiture. Cette combinaison qui définit la prudence est la vertu cardinale de l’homme politique, dit Aristote. Elle devrait, s’ils s’en montrent capables, assurer leur salut. Ils devraient, pour cela, s’interdire de chevaucher, par calcul électoraliste, les monstres féroces du nationalisme identitaire, du confessionnalisme et de l’hubris du pouvoir au visage terrifiant de Méduse Gorgone.

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Comment rétablir l’autorité du pouvoir politique en Côte d’Ivoire ? 1ère Partie.

Le chef de l’Etat ivoirien a été profondément choqué, non pas parce que son pouvoir personnel aurait été ébranlé mais parce que l’autorité du peuple ivoirien, dont il incarne la souveraineté, a été attaquée, au sein de l'armée nationale, au nom d’intérêts particuliers factionnels qui ont piétiné l’Intérêt général et méprisé le Bien commun. Rétablir l’autorité du pouvoir politique en Côte d’Ivoire consiste-t-il alors à augmenter sa puissance de feu militaire et à instituer son arbitraire ou au contraire, à rétablir sa prééminence morale et juridique? Est-ce accroître sa force matérielle avec un arsenal militaire et sécuritaire invincible, ou est-ce augmenter son pouvoir politique avec l’arsenal des valeurs démocratiques et républicaines qui structurent la souveraineté du peuple au nom duquel il exerce le pouvoir ? Rétablir l’autorité du pouvoir politique ivoirien, n’est-ce pas reconstruire l’unité éthique et juridique de ce peuple dont dépend le pouvoir du gouvernement ? N’est-ce pas aussi restaurer l’aptitude du pouvoir politique ivoirien à porter et à incarner les valeurs démocratiques et républicaines qui fondent sa légitimité ? N’est-ce pas rétablir l’exemplarité politique qui augmenterait moralement l’efficience technocratique et gestionnaire du gouvernement? Restaurer l’autorité de l’Etat, n’est-ce pas instituer l’exemplarité du pouvoir politique et du peuple?

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Contre l’extrême droite xénophobe ivoirienne, le devoir d’indignation morale.

thumb_1818Pour sauvegarder la démocratie en Côte d’Ivoire, il faut dénoncer l’imposture démocratique incarnée par le FPI et son, bien nommée, « front du refus ». Au fil de ses contradictions et de ses dernières déclarations identitaires et xénophobes, ce « front du refus » s’est avéré être un front du refus de la démocratie et de la République, un front d’appel à la purification ethnique, à la guerre contre les étrangers et les ivoiriens supposés tels.

Il importe, par conséquent, de dévoiler collectivement et publiquement sa nature  de parti d’extrême droite, sa parenté idéologique avec les blocs identitaires racistes et xénophobes des pays occidentaux, notamment les alliances du  Front Populaire Ivoirien (FPI) avec le Front National Français (FN). Ce travail nécessaire de déconstruction des impostures démocratiques, doit s’intégrer dans un travail plus vaste de redéfinition précise des identités partisanes en Côte d’Ivoire et en Afrique Noire. Il faut pour cela s’indigner moralement des déclarations potentiellement génocidaires des responsables du « front du refus » ivoirien. Il faut dénoncer leur imposture à partir de la position des fondamentaux éthiques et moraux de la République et de la démocratie.

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La religion condamne le crime, l’assassinat et les agressions contre la dignité humaine. 1/1

religionsL’unité de la Religion et la diversité des croyances.

Une  distinction essentielle entre foi religieuse morale  et foi cultuelle.

Voici, en ce passage de « La Religion dans les limites de la simple raison » d’Emmanuel Kant, une distinction critique et rationnelle des notions de « Religion » et de « Confession ». Elle mérite d’être revisitée en ces temps d’imposture où la Religion pourtant d’essence morale est dévoyée pour camoufler le crime. Le grand Philosophe Emmanuel Kant dévoile l’imposture des fanatiques, des imprécateurs, des gourous affabulateurs, des idolâtres sectaires des cultes, des égorgeurs, des assassins et des génocidaires qui prétendent accomplir la volonté de Dieu en réduisant les hommes en esclavage, en les empêchant de penser par eux-mêmes, en leur imposant des prescriptions dogmatiques et  en appelant au meurtre. Il  importe pour cela de faire ressortir l’essence morale de la religion qui s’enracine dans la capacité de la raison humaine à légiférer moralement, à découvrir par cette législation autonome   le concept de  Dieu non pas comme celui  d’un empereur et d’un calife  impitoyable assoiffé de domination et de sang, mais comme un être essentiellement moral qui ne saurait appeler au meurtre,à l’assassinat, au viol de la dignité des hommes et des femmes, ses fils et ses filles. « Le concept d’une volonté divine, déterminée selon de simples lois purement morales, ne permet de concevoir qu’un seul Dieu et par suite une religion en elle-même purement morale »  écrit Emmanuel Kant.

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La culpabilité morale et politique de Simone Gbagbo et de ses pairs.1/1

Pour Simone Gbagbo, pourtant jugée sous le chef d’accusation de crime contre l’humanité, le massacre perpétré par des éléments de sa garde rapprochée contre des femmes à Abobo  durant la crise post-électorale n’a pas existé.  « Les tueries des femmes d’Abobo, c’est une pièce de théâtre » a-t-elle affirmée devant le tribunal  à l’audience du Lundi 06 Juin 2016. Ce négationnisme cynique de l’ex-députée d’Abobo heurte l’entendement et la conscience de tout être humain normalement constitué.

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Contre Aqmi, l’indispensable alliance du droit et de la force en Afrique Noire. 1ère partie

Le terrorisme  africain résulte de la conjonction de deux violences historiques internes. Il résulte de la concentration de la violence des rebellions et des mouvements séparatistes nés des dictatures. L’affrontement politique des élites, dont certains n’hésitent pas à instrumentaliser le terrorisme djihadiste, a accentué cette violence. Dans ce contexte, les désillusions, l’approfondissement des inégalités, les souffrances sociales des peuples, la désespérance des jeunesses provoqués par le dévoiement de la démocratie a accru la division interne et en a potentialisé la violence. Intérieurement divisés, nous sommes dramatiquement impuissants face à cette violence endogène hostile.

En Afrique Noire le terrorisme nihiliste des nationaux qui se retournent contre leur propre société pour le détruire de l’intérieur, résulte de la concentration de la violence sociale et politique intérieure. Cette violence est récupérée par une entité exogène hostile et lancée contre les corps sociaux et les Etats. Partout, dans le monde, le terrorisme interne djihadiste relève de ce retournement de la violence et de l'injustice sociales. L’efficacité de la lutte anti-terroriste dans les Etats de droit où la démocratie est effective dans sa dimension substantielle, s’explique par l’alliance du droit et de la force qui permet de délégitimer et de briser cette énergie sombre.

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Combattre AQMI avec les valeurs de la République, des Cultures et des Religions.

AQMI est un égrégore.

AQMI, comme nous l'avons démontré,  est un non-être, un égrégore. Il vit de nos démissions et de nos abdications. L'inefficience, historiquement attestée,  de la solution militaire, de la force matérielle brutale,  contre ce néant,  procède de la nature foncièrement inconsistante de l'entité qui vient de nous agresser  à Grand-Bassam en nous utilisant contre nous-mêmes. Quand nous disons « nous », nous nous comprenons dans ce pronom personnel à la fois comme Ivoiriens et Africains. Nous nous comprenons comme communauté sociale et politique intégrée en un ensemble régional par un sentiment d'appartenance commune.

Des quatre coins du monde, de l’Europe, du Proche et Moyen Orient à l’Afrique Noire et Blanche,  la résilience de Daech, d’Al Qaeda, et d’AQMI, ces phœnix du mal,  qui renaissent de leurs cendres après avoir été anéantis par le feu des mitrailleuses, des missiles, des bombes et des grenades, dit éloquemment l’inefficience  de la solution militaire et sécuritaire exclusive que nous sommes tentés de privilégier en Afrique Noire sans les augmenter par l’indispensable autorité morale.  

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La CPI juge sous la perspective des obligations de l’homme envers l’humanité.

Le Droit procède des obligations de l’homme envers l’homme.

Dans les cours pénales internationales qui siègent au-dessus des jurisprudences nationales et coutumières, des situations de fait et des rapports de force, pour juger les crimes perpétrés contre l’humanité, les procès se tiennent sous le registre des obligations de l’homme envers l’humanité.

Les victimes doivent être défendues en raison de la violation de leurs droits  fondamentaux d’êtres humains par des tiers qui n’ont pas reconnu envers elles  leurs devoirs inconditionnés d’obligés. Les accusés doivent aussi être défendus dans leurs droits fondamentaux en dépit du caractère abominable des crimes qui leur sont reprochés. Le tribunal qui siège pour défendre les droits de l’Humanité est obligé envers les accusés qui sont aussi, par-dessus tout, des êtres humains. « Il y a, écrit Simone Weil, obligation envers tout être humain du seul fait qu’il est un être humain ». L’accusé, Chef d’Etat, soldat, policier, milicien politicien ou simple citoyen est donc pénalement accusé devant une CPI pour avoir failli à son obligation envers des créatures qui étaient, par-dessus tout, des êtres humains.

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Le problème de l’unification au PDCI ? 2ème partie

On ne le rappellera jamais assez : le  projet politique  houphouëtiste, stricto-sensu, fut de bâtir en Côte d’Ivoire  une Nation de citoyens en intégrant  une société ethniquement et confessionnellement diversifiée. Le projet économique houphouëtiste fut, quant à lui, de libérer par ce biais la Côte d’Ivoire de la dépendance  au moyen de la modernisation et du développement.  Il s’est donc agi,  pour atteindre ce but, de marier l’ethnicité et la rationalité en impliquant toutes  les élites  régionales,  anciennes et nouvelles dans le  développement économique des différentes parties du territoire nationale. Ce projet d’intégration nationale fut porté par un nationalisme libéral modernisateur qui était aux antipodes d’un nationalisme communautaire antimoderniste. Projet politique d’un Etat mobilisateur animé par le souci de la modernisation, cette ambition s’est donc concrètement déclinée dans un patriotisme républicain.

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Le problème de l’unification au PDCI. 1ère partie

Dans la Côte d’Ivoire démocratique nouvelle qui en appelle à l’avènement d’un Ivoirien nouveau, le PDCI  doit rebâtir son unité sur les cendres du modèle autocratique de la politique. L’unification du PDCI ne doit pas consister à réconcilier des factions partisanes personnalisées en occultant la question idéologique et axiologique. Le débat ouvert par cette problématique doit consister en une discussion ouverte entre les divers courants d’une famille politique qui cherche à reconstruire son unité sur la base de ses valeurs politiques et morales fondamentales. Il ne doit en aucun cas se réduire à un affrontement de chefs, de personnes et de clientèles.

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Indignation républicaine contre le « collectif de cadres bétés » de Gagnoa ! 1ère partie

A Monsieur Gnahoré Jean-baptiste et à son « collectif de cadres bété ».

Votre discours communautariste est pitoyable !

 Le "collectif de cadres bété" dont vous êtes le porte-parole est, dans la communauté bété de Gagnoa, un groupe dominant de citadins aux intérêts de classe foncièrement divergents de ceux des paysans et des populations rurales bété que  vous tentez d'embrigader et d'instrumentaliser pour servir vos intérêts de classe. Contrairement à ce que vous écrivez  Laurent Gbagbo n'est pas le fils injustement « déporté » d'une « communauté bété » crucifiée par un pouvoir illégitime ivoirien, le "régime Ouattara" comme vous le dites de manière caractéristique selon votre prisme communautariste! La majorité des ivoiriens n’estime pas être  sous la tutelle d’un « régime Ouattara ». Elle estime être gouvernée  par un pouvoir légitime démocratiquement élu à la majorité des voix en 2010 et qu’elle s’apprête à juger à nouveau dans les urnes ce mois d’octobre 2015. Pour la majorité des citoyens ivoiriens aussi, Laurent Gbagbo n'est pas le représentant du peuple bété. C'est un citoyen ivoirien qui a trahi à la tête de l'Etat de Côte d'Ivoire, les attentes des peuples ivoiriens et les valeurs de la République, en provoquant une guerre civile par son refus de céder le pouvoir après avoir perdu l’élection présidentielle de 2010. Pour cette majorité d’ivoiriens, l’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo, le chef suprême de l’Etat durant cette catastrophe, doit pour cela répondre judiciairement des massacres massifs et des crimes contre l’humanité perpétrés sous présidence ; fut-ce devant des instances judiciaires internationales en une République de Côte d’Ivoire, actrice majeure du concert des nations et qui n’est pas régie par les coutumes des divers peuples qui la constituent.

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Crise politique au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Similarités et spécificités. 1ère partie

Au Burkina Faso, vient de se dérouler une crise politique et militaire potentiellement dangereuse qui fut provoquée par des causes secondaires similaires à celles de la crise ivoirienne : une tentative de manipulation de la Constitution et l’exclusion politique d’une des parties de l’échiquier politique et social. Au Burkina Faso, le massacre à grande échelle et le chaos social ont été évités. En Côte d’Ivoire en 2002 le FPI de Laurent Gbagbo  au pouvoir répondit par la guerre à la rébellion militaire que généra sa politique communautaire d’exclusion. En Décembre 2010 les révoltes populaires qui suivirent son refus de céder le pouvoir après avoir perdu l’élection présidentielle furent réprimées dans un bain de sang  qui précipita le pays dans le chaos.  A l’approche de l’élection présidentielle d’Octobre 2015, les forces politiques qui furent les artisans de ce massacre à grande échelle, reconduisent en Côte d’Ivoire, les représentations du politique et de la société qui conduisirent à la catastrophe.

Quelles sont donc les raisons  profondes de cette différence  entre la situation burkinabè et la situation Ivoirienne ? Quelles sont les facteurs sociologiques et politiques expliquant cette divergence dans les conséquences ?

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La leçon politique de Moussa Dadis Camara à Laurent Gbagbo et à son gouvernement.

Un célèbre journal panafricain révèle,  dans son édition en ligne de ce lundi 15 juillet 2015, que  « lors d'une audition devant la justice lundi à Ouagadougou, Moussa Dadis Camara a reconnu sa « responsabilité morale » dans le massacre de plus de 150 opposants dans un stade de Conakry le 28 septembre 2009. Cependant, il a rejeté les charges pénales qui pèsent contre lui. ». Moussa Dadis Camara a reconnu sa « responsabilité morale » en tant que président et commandant en chef des forces armées au moment des faits, à « l’image d’un père de famille qui répond des actes posés par ses enfants » a précisé son avocat Me   Jean-Baptiste Jocamey Haba.

Le geste de Moussa Dadis Camara est louable quoique l’image familiale du père qui répond moralement des actes posés par ses enfants doive  cependant être récusée en tant que paternalisme de mauvais aloi. Une cité politique n’est pas une famille biologique. L’image pertinente convenant à la situation  est plutôt celle du dirigeant politique, du chef d’Etat qui répond politiquement des actes commis sous gouvernement.

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La corruption, poison interne de la démocratie

Ne nous y trompons pas. En cette ère des démocraties de la bonne gouvernance, régies  par l’éthique de la transparence qui place les pouvoirs et les gouvernements  sous  l’œil inquisiteur des peuples désormais animés par les passions morales, l’adversaire le plus redoutable des régimes démocratiques n’est pas l’anti-républicanisme d’une opposition tenant le discours du repli identitaire. L’adversaire le plus redoutable des régimes démocratiques et des gouvernements les plus légitimes, furent-ils les plus compétents, est la corruption des institutions, des administrateurs et des dirigeants politiques. La prévarication est le poison interne qui les détruit en sapant à la base leur autorité morale et leur légitimité juridique.

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