Articles par balises :citoyenneté

L’invasion de la société civile et de l’Etat par les partis politiques, nouvelle maladie des démocraties en Afrique.  0

En Afrique, sévissent deux nouvelles pathologies mortelles pour la démocratie qui repose, comme on le sait, sur la séparation de la société civile, de la société politique, et de l’Etat. Depuis l’instauration de la démocratie pluraliste, les partis politiques envahissent la société civile dans une dynamique de concentration cumulative du pouvoir. Au terme de l’élection présidentielle, le parti majoritaire se confond dans la même dynamique à l’Etat. La résilience de la culture du parti-Etat bat donc constamment en brèche l’exigence démocratique de protéger les libertés personnelles et collectives contre l’arbitraire du pouvoir, de soumettre l’Etat aux besoins et aux aspirations de la société civile. Elle triomphe sur l’exigence démocratique de garantir le contrôle du pouvoir politique par le pouvoir social. Le pluralisme démocratique des centres de pouvoir se renverse en pluralisme des centres de contrôle de la société par un système politique concentré, qui s’est démultiplié en pluripartisme tout en conservant la culture du parti-Etat. La création des partis politiques n’est pas motivée, comme il se devrait en démocratie, par le souci de relier les demandes sociales à l’action politique, de représenter au niveau de la société politique les intérêts des catégories sociales et les diverses conceptions du bien public. Elle est motivée par un souci pécuniaire des entrepreneurs politiques et par l’idolâtrie du pouvoir qui les anime. Ce pluripartisme artificiel est un réajustement structurel du parti-Etat et de sa culture. Tous les maux qui minent les corps politiques africains, qui entravent leur émancipation politique, sociale et économique, procèdent de ce dévoiement par lequel est entretenue la loi d’airain de la domination oligarchique du pouvoir politique sur la société.

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Côte d’Ivoire : guerre de succession et déficience de la conviction républicaine et démocratique au RHDP  0

Face au nationalisme identitaire et au populisme révolutionnaire qui menaçaient de briser l’unité de la Nation, le RHDP était en Côte d’Ivoire un schème pratique de la démocratie républicaine. Il était un instrument d’exemplarité. Sa naissance convoquait les parties-prenantes de cette idée politique à un engagement pour la citoyenneté, pour la République et la démocratie. L’unité de la coalition  RHDP était donc un impératif  politique inconditionné que les parties prenantes se devaient de respecter quoiqu’il leur en coûte en termes d’ambitions personnelles et de stratégies d'appareils car il y en allait de la survie de la Nation. Tel fut le mandat qui leur fut confié en 2010 et en 2015 par le vote majoritaire ivoirien. 

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Guerre de succession en Côte d’Ivoire. La légitimité du chef de l’État n’est pas en cause. 1ère partie.  0

 

La guerre de succession qui vient de se déclencher entre les membres de la coalition RHDP, à trois années de distance de la Présidentielle 2020,  remet-elle en question la légitimité du gouvernement et du chef de l’État ivoirien? La réponse à cette question est évidemment négative. En démocratie, les partis ne se confondent pas avec l’État dont le chef incarne l’unité de la Nation. L’ère du parti-État est à jamais révolue.

Cette guerre intra-partisane de succession n’exprime donc nullement une défiance du peuple ivoirien envers son gouvernement et envers le chef de son État. Cette guerre anachronique de succession est le symptôme spectaculaire de la dérive partitocratique de la démocratie multi-partisane en Côte d’Ivoire  et en Afrique en général. Elle signifie, de manière théâtrale, la clôture  des partis politiques africains sur eux-mêmes, la priorité des stratégies d’appareil sur l’impératif de représentativité sociale, la quasi-indifférence des pouvoirs politiques aux demandes de la société. 

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Lutte pour le pouvoir en Côte d’Ivoire : Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là ?  0

Dessinons schématiquement le psychodrame politique ivoirien pour prendre la mesure de son inquiétant spectre: La volonté déclarée par les états-majors respectifs de la coalition de présenter des candidatures séparées à l’élection présidentielle 2020 menace de faire exploser le RHDP, cordon sanitaire présumé contre le nationalisme identitaire. Les tentations identitaires et régionalistes ressurgissent au sein des partis politiques au détriment de la citoyenneté et de la République. L’opposition est scindée en fractions dissidentes multiples et radicalisées qui se vouent une animosité réciproque sous l’ombre inquiétante de Laurent Gbagbo. Des alliances politiques contre-nature se forment et se défont au gré des circonstances. Engagés dans la lutte pour le pouvoir, les partis politiques ivoiriens se décomposent en factions et en coalitions opportunistes, prennent en otage la réconciliation, s’emparent de Laurent Gbagbo comme appât en vue de capter son électorat,  tentent probablement d’instrumentaliser les mouvements sociaux et les insurrections factionnelles dans les forces armées. Au sein des états-majors partisans, les ruses et les stratégies efficaces que la conquête du pouvoir met en œuvre, prévalent sur l’intérêt général et la survie du corps politique ivoirien. Campés en troubadours et en hagiographes derrière leurs héros respectifs fétichisés dans ce décor inquiétant, des intellectuels reconvertis dans le mercenariat politique animent du son tambourinaire de leur démagogie et des imprécations de  leurs discours propagandistes, cette mêlée sauvage qui débouche, le plus souvent, sur le refus du résultat des urnes et sur les guerres civiles qui en découlent.

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Adresse aux partis politiques ivoiriens.  0

Comme un aéronef ou comme un navire, la Côte d’Ivoire traverse en ce moment  de violentes turbulences qui menacent de la précipiter au sol ou dans les abîmes, et vous en êtes les pilotes. Vous devez la diriger en respectant le carnet de bord de son régime politique afin de la conduire à bon port jusqu’à l’élection présidentielle de 2020 et au delà. La démocratie ivoirienne étant multi-partisane, vous en êtes, en tant qu’agents de liaison entre la société civile et la société politique, les maillons centraux dont dépendent l’équilibre et la pérennité de la Cité. Votre responsabilité devant la Nation est donc colossale et entière.

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La réconciliation nationale ivoirienne, œuvre d’une classe politique socialement représentative.  0

La réconciliation nationale ivoirienne sera l’œuvre d’une classe politique socialement représentative. La représentativité sociale est, en démocratie, le lien entre le peuple et ses élus. Pour que la réconciliation des acteurs politiques, autrement dit des élus, conduise  à celle des acteurs sociaux  au terme d’une crise politique aiguë, il faut d’abord que les premiers soient socialement représentatifs. Leur représentativité ne doit être de type factionnelle, communautaire ou régionaliste. Il faut ensuite que ces deux instances du corps politique soient unies par le consensus sur les valeurs du régime. Il faut enfin que la crise politique ne résulte pas d’une remise en question du régime. Il faut qu’elle ait été causée par une défaillance accidentelle des institutions médiatrices du consensus démocratique.

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Côte d’Ivoire : La différence entre réconciliation démocratique de conviction et réconciliation démagogique instrumentale.  0

Sur la scène politique ivoirienne qui se recompose de manière empressée en vue de l’élection présidentielle 2020, la thématique de la réconciliation semble constituer la substance des projets de nouvelles alliances et de nouvelles coalitions politiques en formation. Il importe, pour cela, d’établir clairement la distinction entre réconciliation démocratique de conviction et réconciliation démagogique instrumentale pour éclairer la lanterne des ivoiriens auxquels cette thématique est servie en guise d’offre politique unique à presque trois années de l’élection présidentielle 2020.

La réconciliation démocratique de conviction est une fin en soi. Son objectif est de reconstruire l’unité de la cité sans laquelle il n’y a pas de vie politique possible. Elle réunifie les protagonistes de la guerre civile dans l’unicité de la Loi pour reconstruire le vivre-ensemble républicain. La réconciliation démagogique instrumentale est, par contre, un moyen au service d’intérêts particuliers et de fins privées. Elle sert à rassembler circonstanciellement, à partir d’un marchandage, des ambitions personnelles divergentes inconciliables qui entretiennent la division de la cité. La réconciliation démocratique en appelle à la Loi et à la restauration plénière de l’Etat de droit. La réconciliation démagogique en appelle, au contraire, à l’impunité et se satisfait de la restauration de l’Etat de nature.

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Côte d’Ivoire: soutien de Laurent Gbagbo par certains courants de la gauche française : Voici les deux motivations profondes.  0

  1. Une figure perverse et sournoise du néo-colonialisme

Le soutien résolu apporté au nationaliste ivoirien Laurent Gbagbo par certains courants de la gauche française est structuré par une logique subtile. Cette dernière est toute en nuances et en perspectives. Sa compréhension requiert de l’esprit critique et du sens politique. La consécration de Laurent Gbagbo comme acteur politique de gauche par ces courants de l’extrême gauche française, la mise à disposition de leurs réseaux est motivée par des considérations de politique intérieure hexagonale. Elle n’est pas motivée par des considérations démocratiques, humanitaires, altruistes et universalistes. Elle s’inscrit dans le combat politique de ces gauches contre la droite et contre le socialisme réformiste en France. Décernant un brevet de gauchisme au nationaliste ivoirien Laurent Gbagbo et mettant à sa disposition leurs  divers réseaux, ces gauches extrêmes instrumentalisent les problématiques politiques africaines pour servir leurs objectifs partisans dans le combat politique hexagonal. Dénonçant l’interventionnisme néocolonialiste de l’Etat français en Afrique, elles veulent mettre en cause la politique de la droite française en Afrique pour la délégitimer en France afin d’y établir le leadership politique de la gauche extrême et assurer l’impérium de son orthodoxie idéologique. Disons-le rondement : Il s’agit de promouvoir le nationalisme identitaire en Afrique pour servir les intérêts idéologiques et politiques de l’extrême gauche en France et en Europe.

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Laurent Gbagbo est-il de gauche ?  0

Les réseaux d’une certaine gauche française, appartenant à la mouvance de l’anticolonialisme tiers-mondiste, répondent par l’affirmative à cette question. Cette réponse est pour le moins étrange car les thématiques et la gouvernance du FPI de Laurent Gbagbo incitent plutôt à répondre à cette question par la négative. Ce brevet de gauchisme attribué à Laurent Gbagbo par ces réseaux ne peut donc que soulever l’étonnement.

Laurent Gbagbo est-il véritablement socialiste et anticolonialiste ? A-t-il défendu en Côte d’Ivoire les valeurs du socialisme ? S’est-il politiquement battu pour l’égalité de tous les Ivoiriens ? A-t-il représenté et défendu les intérêts des catégories sociales les plus fragiles de la société ivoirienne? A-t-il défendu les valeurs de la République et de la démocratie pluraliste ? Tel est, en effet, le logiciel du socialisme en tant qu’idéologie politique de la gauche républicaine.

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Les déguisements du nationalisme identitaire en Côte d’Ivoire.  0

En Côte d’Ivoire, le national-populisme ethniciste et tribaliste revendique la légitimité politique en vue de noyauter la démocratie et la République pour les briser et instituer un État communautaire ethniciste ou confessionnel. En Côte d’Ivoire on se revendique de plus en plus des  ethnies, des tribus, des identités culturelles, des chefferies et des coutumes dans une perspective différentialiste de belligérance, d’exclusion et de rejet de l’autre. On se revendique de moins en moins de la République et de ses valeurs, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité dans une perspective démocratique d’inclusion, et de reconnaissance de l’Autre. Le nationalisme identitaire ethniciste et tribaliste ivoirien semble louvoyer mais son cap est fixé. Sous des déguisements divers, il poursuit opiniâtrement son projet politique nationalitaire.

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La crise de la nation citoyenne et la panne de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.  0

Après une guerre civile, la justice impartiale réalise sa vertu réconciliatrice lorsque les protagonistes du conflit se reconnaissent une appartenance commune et partagent en commun les valeurs fondatrices du vivre-ensemble républicain et démocratique. La sanction pénale judiciaire réconcilie lorsque les responsables politiques et les accusés consentent expressément à reconnaitre leur culpabilité politique et leur culpabilité morale indépendamment de la culpabilité judiciaire. La reconnaissance de cette double culpabilité, qui n’est pas pénale, unit les coupables et les victimes dans la coresponsabilité d’une communauté politique qui se réconcilie à travers la peine judiciaire.La sanction pénale judiciaire, fut-elle impartiale et juste est, par contre, incapable de réconcilier la nation lorsque ces deux sortes de culpabilités ne sont pas préalablement reconnues et que les protagonistes du conflit ne se reconnaissent pas une appartenance commune et ne partagent pas en commun les valeurs fondatrices du vivre-ensemble républicain et démocratique. De ce point de vue, la dénonciation de la justice ivoirienne comme justice du vainqueur en Côte d’Ivoire traduisait la non-reconnaissance, par tous, de la Loi de la communauté politique nationale qui s’exprime dans cette Justice.

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Côte d’Ivoire. Le nationalisme libéral modernisateur du PDCI-RDA originel.  0

PDCI et RDR : la métaphore du mariage est-elle pertinente (2ème partie)

Favorisée  par la séparation des cultures et de l’économie globalisée, la montée en puissance du nationalisme identitaire différentialiste et du populisme xénophobe est devenue, de nos jours, un problème préoccupant dans le monde. Destructeurs politiquement, socialement et économiquement, ils sont des virus mortels pour les corps politiques. Durant une quinzaine d’années terrifiantes, de 1995 en 2011, la Côte d’ivoire a vécu dans sa chair, la morsure empoisonnée de la bête immonde. Le nationalisme identitaire différentialiste a sévi dans le pays successivement sous la forme de l’ethno-nationalisme défini comme ivoirité, et sous la forme du national-populisme xénophobe camouflé sous le masque du nationalisme des mouvements de libération anticolonialiste. Les problématiques politiques ivoiriennes doivent être envisagées relativement à cette expérience historique concrète de déréliction collective.

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La résistance démocratique de l’Amérique contre Donald Trump : un clin d’œil à l’Afrique.  0

Le succès de la résistance institutionnelle et judiciaire de l’Amérique, contre le populisme identitaire et contre les pulsions autocratiques de Donald Trump, peut être considéré comme un message adressé aux démocraties du monde entier. Il peut être considéré comme un clin d’œil aux démocrates et aux républicains des nouvelles démocraties africaines menacées par le populisme identitaire et par la dérive autocratique courante de l’exécutif. L’accumulation symbolique des revers subis par le populisme identitaire aux Etats-Unis est une invitation à construire, dans les démocraties, une Constitution qui sauvegarde les libertés personnelles et les droits fondamentaux. C’est un appel à renforcer l’autonomie des systèmes judiciaires, des institutions et des administrations. Contre le péril populiste et identitaire, c’est un appel à raffermir la conviction démocratique et le sentiment républicain des magistrats et des acteurs politiques.

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Le psychodrame politique français vu par les démocrates africains.  0

Médusés et stupéfaits, les démocrates africains assistent au psychodrame politique français ouvert par la campagne électorale en vue de la prochaine l’élection présidentielle d’Avril 2017, élection marquée par la radicalisation de l’électorat et par la dérive populiste et xénophobe d’une grande partie de la droite française. Quel spectacle la scène politique française nous donne-t-elle à voir durant ces semaines de feu et flammes ?

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La redistribution des fruits de la croissance, raison d’être sociale de la démocratie.  0

La démocratie libérale est faite pour redistribuer les fruits de la croissance, redistribution nécessaire qu'appelle l'impératif économique d'investissement et d'accumulation des ressources. Comme nous le montre Alexis de Tocqueville, le projet politique ultime qui anime la démocratie est de réaliser l'égalité de condition des citoyens, d'assurer de manière tangible à tous les membres de la cité une dignité des conditions de vie. Les trois dimensions de la démocratie libérale, la citoyenneté, la représentation politique des intérêts sociaux, la limitation du pouvoir par les droits de l’homme, ont une finalité sociale et concourent à réaliser ce projet.

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