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Côte d’Ivoire : ce qu’est l’houphouëtisme, mémoire historique commune du PDCI et du RDR.  0

Coopérer et s’unifier ou périr, telle est l’alternative existentielle qui s’impose au PDCI et au RDR après leur séparation. Cette alternative, qui met en jeu leur avenir politique, les appelle à se ressourcer dans leur mémoire commune car la crise qui provoqua, à l’origine, la scission du PDCI-RDA, fut une crise de sa mémoire idéologique. Cette crise mémorielle, qui a nourri une tension centrifuge au sein de la coalition, oblige à réinvestir les fondamentaux idéologiques du PDCI-RDA historique légués par le Père de la Nation Ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny.

Le nationalisme modernisateur d’obédience libérale du PDCI-RDA, l’Houphouëtisme du Père de la Nation Ivoirienne, traduisait en idéologie mobilisatrice et en utopie politique, les besoins et les espérances démocratiques d’une société multiethnique qui aspirait à l’unité, à la liberté, à l’égalité et à la modernisation économique. Les mots de paix, de tolérance, de fraternité, de dialogue, d’unité nationale, l’appel à une Nation ivoirienne de citoyens, la célébration du métissage, la xénophilie du PDCI-RDA historique originel formulaient les attentes profondes des forces sociales d’un pays multiplement enraciné et ouvert sur le monde.

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La problématique des coalitions ivoiriennes éclairée par celle des coalitions allemandes.  0

Comparaison n’est pas raison mais, la science a aussi recours aux analogies car elles permettent d’éclairer l’intelligibilité des phénomènes naturels et historiques. La problématique des coalitions allemandes CDU/CSU-SPD peut, de ce point vue, éclairer celle de la coalition Ivoirienne RHDP. Elle éclaire aussi l’échec de la tentative de coalition des partis ivoiriens d’opposition, dénommée CNC, lors de la Présidentielle ivoirienne de 2015. Comme la CDU/CSU allemande, et en dépit des différences liées à l’histoire spécifique des deux pays, le RHDP ivoirien  est une coalition cohérente de partis libéraux du centre-droit qui se reconnaissent dans les valeurs fondamentales de la République et de la démocratie. Au contraire, la CNC, coalition tentée par le Front du refus en Côte d’Ivoire en 2015, fut une alliance incohérente de partis sans idéologie, sans identité politique précise et sans programme commun coordonné.

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Côte d’Ivoire : Partis politiques ivoiriens, présentez-nous vos cartes d’identité.  0

Citoyens ivoiriens, nous sommes plus que jamais appelés au devoir de vigilance. Nous devons exiger de notre classe politique les identifications partisanes et les clarifications idéologiques requises par le jeu politique démocratique. En démocratie, il est du devoir du citoyen de veiller sur la chose publique et de se sentir responsable de son gouvernement. Cette vigilance critique citoyenne est plus que nécessaire pour sauvegarder la paix sociale et la stabilité politique en notre pays.  Phénomène inédit, jamais vue dans aucune démocratie du monde, la campagne électorale pour la Présidentielle 2020 est officieusement déjà lancée, à trois années d’écart de la date officielle. Inaugurée par une guerre absurde de succession, la précocité du phénomène signifie que les passions sont exacerbées, que la désinformation risque de se substituer à l’information, et que sur le long terme, le viol des foules par la propagande politique tentera de circonvenir les électorats ivoiriens. La vigilance critique individuelle et collective est donc de mise.

Il importe de contribuer à la formation d’une opinion publique responsable qui puisse préserver la déclaration de la volonté générale et qui puisse la protéger contre toute tentative de déformation et de capture factionnelle. Cette vigilance critique nous permettra d’éviter une réédition de la catastrophe de la présidentielle de l’an 2000 dont 2010 ne fut que la conséquence logique.

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Le trio infernal: ultralibéralisme, nationalisme identitaire et radicalisme de gauche.  0

Le trio infernal définit le cercle des extrémismes constitué par  l’ultralibéralisme, le nationalisme identitaire et le radicalisme de gauche. Ce trio calamiteux  exprime éloquemment le caractère antipolitique de l’ancien monde polarisé dont le 21ième siècle appelle le dépassement.  Lié par une vision communautariste du social, ce trio singulier est lié par un consensus : le principe d’exclusion et d’unilatéralité dogmatique de type idéologique. L’ultralibéralisme prétend réaliser la liberté en niant et en excluant l’égalité. L’extrémisme de gauche  prétend  réaliser l’égalité en niant et en excluant la liberté. Le nationalisme communautaire prétend réaliser l’identité en niant et en excluant l’altérité.

Ce consensus sur l’exclusion définit le caractère infernal antipolitique et antidémocratique du trio car la politique démocratique est un espace d’affrontements de valeurs et d’intérêt sociaux divergents  qui se résolvent à travers la négociation et le compromis. La démocratie est un régime d’inclusion qui appelle à intégrer la différence. Culturellement syncrétiques, les sociétés africaines risquent d’être dévastées par la culture d’exclusion nichée au cœur de la vision du monde  de ses trois illusions. Le développement endogène du continent, enjeu de ce XXIème siècle, dépend de la capacité des sociétés africaines à se réapproprier la culture démocratique d’inclusion et à rejeter les cultures antidémocratiques d’exclusion.

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Côte d’Ivoire: l’exigence de renaissance démocratique.  0

Soutenue par une société civile dynamique, informée et critique, notre pluralisme démocratique trace obstinément son chemin. Il est toutefois assailli par plusieurs maux qui sont loin d’être une irréversible fatalité. La mémoire de la nature du pluralisme démocratique ivoirien, à l’aube de l’Indépendance de notre pays, me convainc de la contingence de la situation anomique que nous traversons. Nous pouvons y remédier en nous réappropriant, aujourd’hui et dès maintenant, l’esprit et le volontarisme démocratique et républicain qui ont animé les pères de notre indépendance politique et structuré leur combat.

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Le caractère de la Côte d’Ivoire, un quadrilatère moral, politique, social et économique.  0

Le caractère de la Côte d’Ivoire a été constitué par la combinaison de quatre Idées : une idée morale, une idée politique, une idée sociale et une idée économique. La synthèse de cette quadruple idée compose son identité profonde. Notre présent anomique et confus nous oblige à nous y ressourcer pour réorienter notre historicité individuelle et nationale.

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Côte d’Ivoire : renouer avec l’Idée fondatrice de notre pays pour construire son présent et son avenir.  0

Une société démocratique est une communauté d’individus et de collectivités libres et autonomes en laquelle les particularismes et les différences s’expriment sans entrave. Mais c’est aussi une société où cette diversité est unifiée et rassemblée par la Loi qui abolit les privilèges et construit, entre les membres de la cité, un sentiment d’appartenance commune à travers l’égalité de condition. La problématique fondamentale de toute société qui se veut démocratique  est  donc de réussir à rassembler dans l’égalité, dans la liberté et dans la fraternité, la pluralité des peuples et des catégories sociales qui la composent.

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Côte d’Ivoire : Franklin Nyamsi a dévoyé le projet national de Soro Guillaume. 1ère partie  0

Ce que Mr Soro Guillaume Président de l’Assemblée Nationale Ivoirienne m’a dit en Août 2012.

Je m’en rappelle comme si c’était hier. A la fin de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage de témoignage que j’avais écrit en coauteurs avec Franklin Nyamsi en mémoire de la crise post-électorale de 2010, le Président de l’Assemblée Nationale nous invita à une réception en son domicile. Dois-je préciser  que cet ouvrage de témoignage devrait poser, en tant que témoignage fondé en raison, le désir d’une Nouvelle Côte d’Ivoire pleinement républicaine et démocratique ? L’idée directrice, du moins la mienne, de cet ouvrage était de justifier conceptuellement le rejet du nationalisme identitaire qui avait fracturé la Côte d’Ivoire, et de réconcilier le pays dans les valeurs de la démocratie et de la République pour rebâtir une Nation de citoyens. Il s’agissait, dans mon esprit, de poser un jalon des valeurs universalistes qui permettraient de refonder un nouveau consensus républicain, de réunifier la pluralité ivoirienne dans un sentiment d’appartenance commune. J’étais donc animé par cet enthousiasme républicain quand je suis arrivé à Abidjan après avoir, durant toute la période de la crise-post électorale, contribué, comme je le pouvais, à lutter par la plume contre la dérive dictatoriale meurtrière d’un Laurent Gbagbo amnésique de sa victoire électorale à la présidentielle de 2000 quand il appelait le Général Guéi à respecter le résultat des urnes.

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Afrique: le péché d’orgueil du guérillero.  0

Le peuple démocratique n’est jamais débiteur du guérillero ou de l’insurgé qui a abattu une dictature ou une tyrannie par les armes. Il n’est pas non plus débiteur de l’opposant qui a renversé un régime autocratique par la révolte populaire. Lorsque les dirigeants d’une insurrection ou d’une révolte populaire s’octroient une légitimité démocratique a priori et absolue du fait de la guerre, ou de la révolte populaire, ils finissent par mettre le peuple sous tutelle.. De l’Algérie à l’Afrique du sud en passant par l’Angola, l’histoire africaine témoigne de ce renversement du mouvement de libération en pouvoir liberticide et en force d’oppression. La postérité politique de Nelson Mandela, exemple historique du libérateur, n’a pas entendu et compris la substance de son message au peuple Sud-africain : « Vous ne me devez rien. Vous êtes absolument le Souverain ». Du fait de cette surdité volontaire, l’ANC post-Mandela s’est transformée en oligarchie prédatrice animée par une mentalité tributaire.

 Le guérillero des mouvements anticolonialistes de libération nationale n’est pas politiquement légitime du seul fait d’avoir risqué sa vie et d’avoir contribué au renversement du pouvoir colonial par la lutte armée. L'insurgé et l’opposant qui, usant du droit universel de résistance à l’oppression, ont contribué à renverser par la révolte populaire ou  par les armes une dictature immonde ne sont pas, de ce seul fait, qualifiés pour l’exercice du pouvoir démocratique. Ils doivent d’abord se plier aux règles du suffrage universel et être démocratiquement élus.

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Côte d’Ivoire : en quelle qualité ai-je interpellé Franklin Nyamsi ?  0

Le contrôle politique de l’espace public ivoirien illustré par le cas Franklin Nyamsi et l’exemple Tiburce Koffi.

Je n’ai pas interpellé Franklin Nyamsi pour régler un différend privé. Je ne l’ai pas non plus interpellé en qualité de collègue pour régler un différend scientifique. Mon conflit avec Franklin n’est ni un conflit privé ni une confrontation philosophique académique indument étalés sur la place publique. Mon conflit avec Franklin Nyamsi est un conflit civique concernant l’espace public. Il a trait à la responsabilité des citoyens envers leur gouvernement. J’ai interpellé Franklin Nyamsi en qualité de citoyen car son comportement mettait en péril l’autorité des Institutions de la République dont dépend la stabilité politique du pays. L’espace de règlement de ce différend n’est ni l’espace privé du foyer familial, ni l’entre-soi privé amicale, ni l’espace théorétique des académies. Le lieu de ce différend civique est l’espace public du débat citoyen relativement au respect des vertus  civiques,  à la défense des institutions de la cité, de l’intérêt général et du Bien commun des membres de la cité. J’ai interpellé Franklin Nyamsi en qualité de citoyen ivoirien, outré par ses propos orduriers contre les Ministres de la République de Côte d’Ivoire. Confondre ces trois espaces différents, espace privé des familles et des amis, espace publique des citoyens, espace académique des scientifiques et des enseignants, c’est errer gravement. Ce mélange des registres est inquiétant.

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Côte d’Ivoire. Le RDR, allié naturel et idéologique du PDCI.  0

En démocratie libérale pluraliste, les coalitions et les alliances électorales entre partis politiques  se concluent sur la base de la concordance idéologique des obédiences partisanes, de la similitude et de la complémentarité de leurs programmes politiques et de leurs projets sociétaux. Elles ne doivent pas être opportunistes. Des partis idéologiquement opposés sur les fondamentaux de la République et de la Démocratie ne sauraient conclure des alliances et des coalitions pour constituer des majorités de gouvernement, étant donné que leurs programmes politiques et économiques et que leurs projets sociétaux sont antinomiques. Un parti de la droite républicaine libérale et citoyenne ne saurait conclure une alliance électorale avec un parti d’extrême droite nationalitaire et xénophobe ni a fortiori avec un parti de la gauche anti- libérale extrémiste et populiste.

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Côte d’Ivoire. Ce qu’est l’houphouëtisme, mémoire historique commune du PDCI et du RDR.  0

Coopérer ou périr, telle est l’alternative existentielle qui s’impose au PDCI et au RDR après leur séparation. Cette alternative, qui met en jeu leur avenir politique, les appelle à se ressourcer dans leur mémoire commune car la crise qui provoqua, à l’origine, la scission du PDCI-RDA, fut une crise de sa mémoire idéologique. Cette crise mémorielle, qui a nourri une tension centrifuge au sein de la coalition, oblige à réinvestir les fondamentaux idéologiques du PDCI-RDA historique légués par le Père de la Nation Ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny.

L’idéologie du nationalisme modernisateur d’obédience libérale du PDCI-RDA, l’Houphouëtisme du Père de la Nation Ivoirienne, traduisait en idéologie mobilisatrice et en utopie politique, les besoins et les espérances démocratiques d’une société multiethnique qui aspirait à l’unité, à la liberté, à l’égalité et à la modernisation économique. Les mots de paix, de tolérance, de fraternité, de dialogue, d’unité nationale, l’appel à une Nation ivoirienne de citoyens, la célébration du métissage, la xénophilie du PDCI-RDA historique originel formulaient les attentes profondes des forces sociales d’un pays multiplement enraciné et ouvert sur le monde.

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Lutte pour le pouvoir en Côte d’Ivoire, lutte pour les contre-pouvoirs au Kenya.  0

Lutte pour les contre-pouvoirs au Kenya. Lutte pour le pouvoir en Côte d'Ivoire. Ces deux évènements symbolisent et portent à incandescence les deux logiques antinomiques des affrontements politiques qui se déroulent dans les Etats d’Afrique Noire. Leur concomitance en cette année 2017 fait donc sens.

L’élection présidentielle kényane 2017 est marquée par le conflit du pouvoir avec des juges locaux soucieux de protéger l’indépendance de la magistrature et la transparence des urnes. La lutte politique ivoirienne est, au contraire,  marquée par une guerre de succession précocement engagée entre les acteurs politiques ivoiriens pour l’élection présidentielle de 2020.

Si la démocratie se définit par la limitation du pouvoir par les droits de l’homme,  par la représentativité sociale et par la citoyenneté, on peut juger que la démocratie kenyane est sur la voie de son perfectionnement, au regard du renforcement constitutionnel de l’indépendance des juges en 2010 et des actions concrètes posées dans ce sens sur le terrain par les magistrats kenyans comme en témoignent articles de presses et comptes-rendus de reportages. Au contraire, en Côte d’Ivoire, cette même année 2010, la cour constitutionnelle ivoirienne s’inféodait au pouvoir pour conforter le nationalisme identitaire, violer la liberté du choix politique et légitimer le refus de l’alternance du pouvoir.

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Le Juge Kényan David Maraga, un exemple à imiter en Afrique Noire.  0

« Pour la première fois dans l’histoire de la démocratie africaine, une cour a annulé une élection présidentielle », faisait remarquer l’opposant Kényan Raila Odinga tout en soulignant que le jour de cette décision était « un jour historique pour le peuple Kényan et, par extension, pour les peuples du continent africain ». Il conviendrait donc de consacrer à cet évènement historique le temps qu’il faut, afin de retirer toutes les leçons d’une décision progressiste qui devrait faire jurisprudence en Afrique Noire.

Les dessous de la décision du juge David Maraga et de ses collègues de la Cour suprême du Kenya, (cf « La présidentielle kényane a révélé la mascarade qu’est devenue l’observation électorale en Afrique ». LeMonde. 07-09-2017, soulève dramatiquement la question de la pénurie des individus généraux, des serviteurs impartiaux de la Justice, de l’Intérêt général et du Bien commun dans nos magistratures, nos administrations et nos Etats en Afrique Noire.

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Kenya 2017 – Côte d’Ivoire 2010 : la problématique d’autonomie du système politique en Afrique.  0

Après l’invalidation de la victoire électorale du président Uhuru Kenyatta pour cause « d’illégalités et d’irrégularités » au Kenya, selon les propos du communiqué officiel, peut-on croire à l’amorce symbolique d’un mouvement démocratique de fond qui donne des raisons d’espérer en Afrique? Cette invalidation semble briser la loi d’airain de la vie politique africaine: le parti au pouvoir doit gagner l’élection présidentielle, l’opposition doit la perdre, une règle non écrite dont la remise en cause apparaît comme une anomalie et un viol de la légalité.

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