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Côte d’Ivoire. Ce qu’est l’houphouëtisme, mémoire historique commune du PDCI et du RDR.  0

Coopérer ou périr, telle est l’alternative existentielle qui s’impose au PDCI et au RDR après leur séparation. Cette alternative, qui met en jeu leur avenir politique, les appelle à se ressourcer dans leur mémoire commune car la crise qui provoqua, à l’origine, la scission du PDCI-RDA, fut une crise de sa mémoire idéologique. Cette crise mémorielle, qui a nourri une tension centrifuge au sein de la coalition, oblige à réinvestir les fondamentaux idéologiques du PDCI-RDA historique légués par le Père de la Nation Ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny.

L’idéologie du nationalisme modernisateur d’obédience libérale du PDCI-RDA, l’Houphouëtisme du Père de la Nation Ivoirienne, traduisait en idéologie mobilisatrice et en utopie politique, les besoins et les espérances démocratiques d’une société multiethnique qui aspirait à l’unité, à la liberté, à l’égalité et à la modernisation économique. Les mots de paix, de tolérance, de fraternité, de dialogue, d’unité nationale, l’appel à une Nation ivoirienne de citoyens, la célébration du métissage, la xénophilie du PDCI-RDA historique originel formulaient les attentes profondes des forces sociales d’un pays multiplement enraciné et ouvert sur le monde.

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La problématique d’unité idéologique du PDCI et du RDR en Côte d’Ivoire.  0

La séparation de type électoraliste du PDCI et du RDR, désormais en concurrence dans la lutte pour le pouvoir en vue de la présidentielle 2020, soulève la question centrale de leur unité idéologique. Leurs divergences programmatiques devraient se structurer sur la base du nationalisme libéral modernisateur originel du PDCI-RDA. Ce socle fondateur devrait être, espérons-le, leur point de consensus indiscutable.

Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) doit donc se déterminer clairement comme parti démocratique et construire un projet politique structuré par l’esprit démocratique moderne, par le respect de l’égalité et du pluralisme. Le Rassemblement Des Républicains (RDR) doit aussi se déterminer clairement comme parti républicain et bâtir une politique structurée par l’esprit républicain moderne, le respect de la liberté et des droits individuels et collectifs. Les Ivoiriens seraient-ils existentiellement et sociologiquement incapables de se définir et de se reconnaître dans ces notions ?

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Le Juge Kényan David Maraga, un exemple à imiter en Afrique Noire.  0

« Pour la première fois dans l’histoire de la démocratie africaine, une cour a annulé une élection présidentielle », faisait remarquer l’opposant Kényan Raila Odinga tout en soulignant que le jour de cette décision était « un jour historique pour le peuple Kényan et, par extension, pour les peuples du continent africain ». Il conviendrait donc de consacrer à cet évènement historique le temps qu’il faut, afin de retirer toutes les leçons d’une décision progressiste qui devrait faire jurisprudence en Afrique Noire.

Les dessous de la décision du juge David Maraga et de ses collègues de la Cour suprême du Kenya, (cf « La présidentielle kényane a révélé la mascarade qu’est devenue l’observation électorale en Afrique ». LeMonde. 07-09-2017, soulève dramatiquement la question de la pénurie des individus généraux, des serviteurs impartiaux de la Justice, de l’Intérêt général et du Bien commun dans nos magistratures, nos administrations et nos Etats en Afrique Noire.

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Kenya 2017 – Côte d’Ivoire 2010 : la problématique d’autonomie du système politique en Afrique.  0

Après l’invalidation de la victoire électorale du président Uhuru Kenyatta pour cause « d’illégalités et d’irrégularités » au Kenya, selon les propos du communiqué officiel, peut-on croire à l’amorce symbolique d’un mouvement démocratique de fond qui donne des raisons d’espérer en Afrique? Cette invalidation semble briser la loi d’airain de la vie politique africaine: le parti au pouvoir doit gagner l’élection présidentielle, l’opposition doit la perdre, une règle non écrite dont la remise en cause apparaît comme une anomalie et un viol de la légalité.

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L’affrontement démocratique n’est pas un combat pour la confiscation du pouvoir.  0

Comme je l’ai souligné dans une récente contribution, (Cf. « Côte d’Ivoire : les ravages d’une conception surannée du pouvoir et de la lutte politique », la définition de la compétition électorale démocratique comme compétition pour la conquête  du pouvoir cautionne, bien souvent, en nos Etats africains, les logiques d’accaparement et de confiscation factionnelle du pouvoir par des groupes d’intérêts privés. L’expression « conquête du pouvoir » est, en démocratie, un non-sens dans la mesure où le pouvoir du peuple qui désigne la liberté de chaque citoyen ne peut, par définition, être conquis par quiconque. L’expression « conquête du pouvoir » est donc un mot valise qui sert à camoufler des projets antidémocratique. Il est à noter que dans les vieilles démocraties, cette expression qui signifie la compétition inter-partisane pour le service des intérêts et des droits de la société, est utilisée dans un sens métaphorique et jamais dans un sens réel. Or surdéterminés par la culture de l’accaparement colonial du pouvoir et des autocraties postcoloniales, nous utilisons en Afrique l’expression « conquête du pouvoir » dans un sens réel et concevons le gouvernement démocratique comme contrôle de la société par le pouvoir politique. Nous devons donc nous départir de l’acception calamiteuse de cette expression en lui restituant sa signification métaphorique.

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Promouvoir la citoyenneté pour conforter la démocratie en Côte d’Ivoire.  0

Avant de démontrer de manière argumentative que la reconstruction d’une appartenance nationale citoyenne, composante de base de la démocratie et condition du développement endogène, doit être prioritaire en Côte d’Ivoire, il importe de souligner l’unicité de la démocratie. « Il n’y a pas de démocratie blanche ou noire, chrétienne ou islamique ; toute démocratie place au-dessus des catégories « naturelles » de la vie sociale la liberté du choix politique. C’est le sens ultime de la définition même de la démocratie: le libre choix des gouvernants par les gouvernés » dit Alain Touraine. Les appels récurrents au rejet d’une démocratie dite « occidentale » au profit d’une démocratie  spécifiquement africaine sont clairement motivés par la volonté des groupes dominants de maintenir, au détriment du plus grand nombre, les privilèges garantis par les régimes d’oppression et de tutelle.

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Guerre de succession en Côte d’Ivoire. La légitimité du chef de l’État n’est pas en cause. 1ère partie.  0

 

La guerre de succession qui vient de se déclencher entre les membres de la coalition RHDP, à trois années de distance de la Présidentielle 2020,  remet-elle en question la légitimité du gouvernement et du chef de l’État ivoirien? La réponse à cette question est évidemment négative. En démocratie, les partis ne se confondent pas avec l’État dont le chef incarne l’unité de la Nation. L’ère du parti-État est à jamais révolue.

Cette guerre intra-partisane de succession n’exprime donc nullement une défiance du peuple ivoirien envers son gouvernement et envers le chef de son État. Cette guerre anachronique de succession est le symptôme spectaculaire de la dérive partitocratique de la démocratie multi-partisane en Côte d’Ivoire  et en Afrique en général. Elle signifie, de manière théâtrale, la clôture  des partis politiques africains sur eux-mêmes, la priorité des stratégies d’appareil sur l’impératif de représentativité sociale, la quasi-indifférence des pouvoirs politiques aux demandes de la société. 

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Lutte pour le pouvoir en Côte d’Ivoire : Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là ?  0

Dessinons schématiquement le psychodrame politique ivoirien pour prendre la mesure de son inquiétant spectre: La volonté déclarée par les états-majors respectifs de la coalition de présenter des candidatures séparées à l’élection présidentielle 2020 menace de faire exploser le RHDP, cordon sanitaire présumé contre le nationalisme identitaire. Les tentations identitaires et régionalistes ressurgissent au sein des partis politiques au détriment de la citoyenneté et de la République. L’opposition est scindée en fractions dissidentes multiples et radicalisées qui se vouent une animosité réciproque sous l’ombre inquiétante de Laurent Gbagbo. Des alliances politiques contre-nature se forment et se défont au gré des circonstances. Engagés dans la lutte pour le pouvoir, les partis politiques ivoiriens se décomposent en factions et en coalitions opportunistes, prennent en otage la réconciliation, s’emparent de Laurent Gbagbo comme appât en vue de capter son électorat,  tentent probablement d’instrumentaliser les mouvements sociaux et les insurrections factionnelles dans les forces armées. Au sein des états-majors partisans, les ruses et les stratégies efficaces que la conquête du pouvoir met en œuvre, prévalent sur l’intérêt général et la survie du corps politique ivoirien. Campés en troubadours et en hagiographes derrière leurs héros respectifs fétichisés dans ce décor inquiétant, des intellectuels reconvertis dans le mercenariat politique animent du son tambourinaire de leur démagogie et des imprécations de  leurs discours propagandistes, cette mêlée sauvage qui débouche, le plus souvent, sur le refus du résultat des urnes et sur les guerres civiles qui en découlent.

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A quand le renouvellement politique africain ?  0

La problématique du renouvellement du paysage politique des démocraties occidentales est une problématique d’historicité. Elle a trait  à la capacité d’une société d'engager  les changements structurels requis par sa situation historique et par les transformations de son environnement. Elle a trait à l’aptitude de ses élites à élaborer de nouvelles valeurs et à inventer de nouveaux projets sociétaux qui permettent à la collectivité d’exister dans son temps. Elle porte sur la disposition de ses acteurs politiques à remettre en question l’ordre établi et les statuts acquis, à engager, de manière volontariste, les modifications institutionnelles nécessaires qui permettent de rompre avec les logiques du passé, d’initier un nouveau commencement politique dans un sens progressiste.

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La crise de la nation citoyenne et la panne de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.  0

Après une guerre civile, la justice impartiale réalise sa vertu réconciliatrice lorsque les protagonistes du conflit se reconnaissent une appartenance commune et partagent en commun les valeurs fondatrices du vivre-ensemble républicain et démocratique. La sanction pénale judiciaire réconcilie lorsque les responsables politiques et les accusés consentent expressément à reconnaitre leur culpabilité politique et leur culpabilité morale indépendamment de la culpabilité judiciaire. La reconnaissance de cette double culpabilité, qui n’est pas pénale, unit les coupables et les victimes dans la coresponsabilité d’une communauté politique qui se réconcilie à travers la peine judiciaire.La sanction pénale judiciaire, fut-elle impartiale et juste est, par contre, incapable de réconcilier la nation lorsque ces deux sortes de culpabilités ne sont pas préalablement reconnues et que les protagonistes du conflit ne se reconnaissent pas une appartenance commune et ne partagent pas en commun les valeurs fondatrices du vivre-ensemble républicain et démocratique. De ce point de vue, la dénonciation de la justice ivoirienne comme justice du vainqueur en Côte d’Ivoire traduisait la non-reconnaissance, par tous, de la Loi de la communauté politique nationale qui s’exprime dans cette Justice.

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Le nationalisme identitaire contre la démocratie en Côte d’Ivoire.  0

En Côte d’Ivoire, le nationalisme identitaire et le national-populisme ont déjà sévi. Ils demeurent un danger prégnant contre lequel il faut prémunir la démocratie ivoirienne. Le péril ethno-nationaliste et national-populiste n’a pas encore été déraciné malgré le changement de régime. La panne emblématique et symbolique de la réconciliation nationale ivoirienne en témoigne. Cette panne ne tient ni à une justice prétendument partiale et inefficiente, ni à un manque de volonté du gouvernement. Elle tient à la nature antinomique et irréconciliable des deux conceptions de la Nation et de l’Etat qui s’affrontent en Côte d’Ivoire. Les tenants de la conception identitaire de la nation récusent les tenants de la conception citoyenne de la nation. Les élections successives ont par ailleurs apporté la preuve de la polarisation ethnique, régionaliste et confessionnaliste de l’électorat ivoirien. Radicalisée par une dizaine d’années de propagandes ethno-nationaliste et national-populiste débilitantes, une grande partie de la population peine à retrouver les repères citoyens qui rendirent possible, durant une quarantaine d’années, la coexistence à l’ivoirienne de la diversité sociale. Restée sous l’emprise de la drogue empoisonnée du populisme identitaire, elle attend son messie.

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Côte d’Ivoire. Le nationalisme libéral modernisateur du PDCI-RDA originel.  0

PDCI et RDR : la métaphore du mariage est-elle pertinente (2ème partie)

Favorisée  par la séparation des cultures et de l’économie globalisée, la montée en puissance du nationalisme identitaire différentialiste et du populisme xénophobe est devenue, de nos jours, un problème préoccupant dans le monde. Destructeurs politiquement, socialement et économiquement, ils sont des virus mortels pour les corps politiques. Durant une quinzaine d’années terrifiantes, de 1995 en 2011, la Côte d’ivoire a vécu dans sa chair, la morsure empoisonnée de la bête immonde. Le nationalisme identitaire différentialiste a sévi dans le pays successivement sous la forme de l’ethno-nationalisme défini comme ivoirité, et sous la forme du national-populisme xénophobe camouflé sous le masque du nationalisme des mouvements de libération anticolonialiste. Les problématiques politiques ivoiriennes doivent être envisagées relativement à cette expérience historique concrète de déréliction collective.

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Victoire du « OUI » en Côte d’Ivoire. L’échec de la tentative de hold-up référendaire du FPI.

thumb_1852La tentative de hold-up référendaire, perpétrée par l'extrême droite ivoirienne le FPI et son "front du refus" contre le peuple citoyen ivoirien, a échoué. Similaire au rapt échoué de la Présidentielle de 2010, cette tentative de vol du référendum  a été perpétrée selon une modalité différente au moyen d'une opération commando de type quasi-militaire intitulée "opération désert électoral" menée selon des séquences coordonnées dans un plan A et un plan B.

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La politique à la manière de Barack Obama, ou le service des valeurs de la démocratie.

thumb_1681 « Barack Obama en campagne pour Hillary Clinton » titrait RTL le 14-09-2016. Barack « Obama met son bilan et sa popularité au service d’Hillary Clinton en difficulté dans les sondages ». annonçait le Monde du 15.09.2016. « Malgré l’insulte, Obama a finalement rencontré le président philippin Duterte » corrigeait 20 Minutes le 08.09.2016. Tels sont les divers comptes-rendus des journaux relatant les récentes péripéties de la politique intérieure et étrangère du Président américain. Ces titres révèlent les traits saillants de la gouvernance d’un démocrate aux Etats-Unis. Dans le sillage de l'Homme de Qunu, Nelson Mandela, Barack Obama donne à voir à l’Afrique Noire frappée par la  maladie  de la personnalisation du pouvoir, de la compétition des egos, des querelles de personne et de succession, un modèle de politique partisane et nationale à imiter.

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Les causes profondes de la crise des Cours constitutionnelles en Afrique Noire.

thumb_1636En démocratie, la Cour constitutionnelle est l’organe de la Nation. Elle incarne temporellement son unité, son indivisibilité et sa pérennité. La Nation, au sens démocratique du terme, est la figure abstraite transcendante du peuple-principe qui rassemble, dans la citoyenneté, le peuple pluriel. Comme le souligne Pierre Rosanvallon, la Cour constitutionnelle matérialise la Souveraineté de ce peuple-principe. Elle lui donne du contenu en veillant quotidiennement à ce que les pouvoirs exécutifs et législatifs s’exercent dans le respect des droits fondamentaux des individus et des collectivités et des valeurs fondatrices de la démocratie. « Les Cours constitutionnelles, fait remarquer Pierre Rosanvallon, sont pour cela au premier chef les grands  témoins de la fiction démocratique ». 

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