Articles par balises :Loi

La réconciliation nationale : le travail de la démocratie.  0

En Côte d’Ivoire, la thématique de réconciliation nationale a été dévoyée et instrumentalisée. Certains acteurs politiques s’en servent pour justifier et négocier, dans une logique corporatiste, leur prétention patrimonialiste à l’exercice du pouvoir d’Etat.

Tour à tour, ces acteurs qui tiennent pourtant le discours clivant et désintégrant du nationalisme ethnique s’autoproclament réconciliateurs nationaux et revendiquent, à ce titre, le pouvoir d’Etat tout en récusant le programme d’intégration nationale qui permet d’inclure la diversité sociale et de construire l’unité politique du pays.

La guerre civile fut la conséquence d’un programme d’exclusion sociale et de désintégration nationale qui contredisait la logique démocratique de réconciliation de la pluralité sociale qui structure le vivre-ensemble.

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LA PROBLÉMATIQUE CENTRALE DE LA GLOBALISATION ÉCONOMIQUE MONDIALE ET LA CÔTE D’IVOIRE.  0

Les Ivoiriens devraient se garder de l'illusion des solutions faciles et immédiates.

L'explosion des problématiques sociales, dans le monde entier, tient à une seule chose: l'économie mondiale qui était auparavant nationale et régulée par des institutions nationales, est désormais devenue internationale et globale dans le processus son auto-développement tandis que les institutions de régulation de cette économie sont restées nationales.

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Pensée magique, démocratie et industrialisation économique : un rapport antinomique.  0

La pensée magique est un obstacle à la démocratie, au développement économique et  à l’industrialisation.

La résilience de la pensée magique en certaines franges assez importantes de l’élite africaine est l’une des raisons culturelles majeures du retard du continent en matière de démocratie et de développement économique.

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Un chef de parlement peut-il être candidat à une élection présidentielle dans une démocratie pluraliste ?

Nous devons  fonder en raison la politique démocratique en nos États. Il faut conformer les institutions du régime de démocratie républicaine pluraliste à leur rôle fonctionnel. La concordance des institutions de ce régime à leur fonction et à leur esprit respectifs est la condition de l’émancipation multiforme des peuples, dont la démocratie pluraliste porte la promesse.  Son objet ultime est de permettre à la diversité sociale de coexister dans la reconnaissance et le respect réciproque des différences, d’accorder les particularismes culturels  et l’unité de la loi dans l’Etat central moderne, de réconcilier les intérêts particuliers et l’intérêt général, d’articuler les polarités divergentes d’égalité  et de liberté, d’investissement et de redistribution pour promouvoir l'émancipation de la diversité sociale.

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Quelle image Abdoudramane Sangaré laisse-t-il à la postérité en côte d’Ivoire?

Abdou Dramane Sangaré, le gardien du temple du FPI  s’en est allé pour l’au-delà après avoir vécu ici-bas dans  la cohérence avec ses maximes. Il les a délibérément érigées en lois de ses choix et de ses actions. Il a fait du  refus du compromis avec l’adversaire sa maxime suprême et s’y est tenu. D’un point de vue purement  formel, il faut lui reconnaître ce mérite de cohérence car l’affrontement politique est un affrontement de convictions et de principes, de programmes politiques et de choix sociétaux concurrents.

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Réconciliation nationale ivoirienne : un décryptage critique de l’appel de Daloa adressé par le Ministre Djédjé Mady au Président de la République.

Qu’il me soit permis de citer in-extenso, ce passage caractéristique du propos du Ministre Djédjé Mady qui campe, de manière archétypale, le discours de réconciliation nationale devenu le leitmotiv de nombreux hommes politiques ivoiriens : « Nous lançons-dit le Ministre Djédjé Mady-un appel, au nom de l’Ouest, au nom du Grand Ouest, à la mobilisation pour la paix sans laquelle tout le reste est vain. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui un des rares pays africains à avoir des détenus en international. Nous avons des détenus à La Haye, nous avons une multitude de réfugiés qui se trouvent encore dans les pays environnants malgré, je suis sûr, les efforts que le président de la République Alassane Ouattara faits pour que la paix revienne. Oui, la Côte d’Ivoire est l’un des rares pays où les journaux peuvent encore, quelques matins, titrer la condamnation à 10 ans, 20 ans, de tel ou tel cadre, dans cette crise politique". 

Je cite donc ce propos afin de déployer les interprétations critiques légitimes qui peuvent en être faites parce que la vision communautaire de la nation et le discours identitaire qui furent la cause de cette crise demeure encore prégnants en certaines factions de la société politique ivoirienne.

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Cessons de dévoyer la démocratie représentative en Afrique Noire.

Les dévoiements de la démocratie représentative, le viol de l'esprit de ses institutions dont nous sommes nous mêmes les auteurs et les acteurs, instaure en nos pays d'Afrique Noire, une politique de Gribouille dont tirent profit des individus, des factions d'intérêts privés étrangers et locaux au détriment des populations. Verrait-on en Allemagne, en Italie, en Espagne,  en Autriche, en France, en Grande-Bretagne, en Inde, au Brésil, autrement dit dans les pays vivant sous un régime de démocratie représentative, le chef du parlement se porter candidat à une présidentielle dans l'exercice de ses fonctions? Je peux me tromper. Mais à ma connaissance, il n'existe aucun exemple de ce genre dans les démocraties représentatives du monde.

Nous devons, en Afrique Noire, cesser de tropicaliser la démocratie représentative. Cette tropicalisation transforme la démocratie représentative en démocratie communautaire. Elle transmute la représentativité sociale représentativité de type communautaire avec toutes les conséquences catastrophiques que l'ont sait. Nous devons aussi cesser de personnaliser les débats et les affrontements politiques, de privatiser les problématiques publiques ayant trait à l'intérêt général et au Bien commun.

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Franklin Nyamsi accuserait-il le gouvernement ivoirien de vouloir repousser la date de la présidentielle 2020 ?

Suite aux propos du Président du Président de l’Assemblée nationale appelant à l’apaisement et soulignant n’être pas intéressé par une candidature à la présidentielle 2020,  Franklin Nyamsi a cru bon de se livrer à une explication de texte. Il ressort de cette explication que la présidentielle de 2020 est, comme l’exprime ce néologisme, une « occupation constitutionnelle »  du Président de l’Assemblée nationale que ce collaborateur érige en contrôleur constitutionnel légitime  de cette date. Dans cette explication du propos du PAN, Franklin Nyamsi insinue, de manière absconse, à travers ses hypothèses, l’allégation arbitraire selon laquelle certaines personnes, que l’on imagine aisément dans le contexte actuel, s’institueraient en « propriétaires naturels » de la date de la Présidentielle 2020. L’allégation d’appropriation privée de la date  de la Présidentielle 2020 , véhicule en creux cette accusation grave qui peut être assimilée à une diffusion de fausses nouvelles: ces personnes seraient désireuses de repousser l’élection présidentielle de 2020 à une date ultérieure selon un agenda caché que la candidature de Guillaume Soro dérange.

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Préservons la Côte d’Ivoire, maintenant et en 2020

Après la Centrafrique et le Burundi, le Kenya est actuellement l’exemple de ce à quoi conduit un affrontement politique régi par la logique de la conquête et de la confiscation du pouvoir et non par celle  de la défense des droits de l'homme. Il est difficile, à ce propos, de ne pas voir en David Maraga, président de la Cour suprême Kényane, le symbole de la résistance désespérée du Droit face à la logique déchaînée de la conquête du pouvoir et des passions mortelles qui l’accompagnent.

Après la catastrophe électorale de 2000 qui conduisit à l'installation d'une dictature ethno-nationaliste dans notre pays, à une redéfinition communautaire de l’État et à une crise post-électorale en 2010 dont nous continuons à subir les effets, évitons en 2020, à notre patrie commune la Côte d'Ivoire, la répétition de cette aliénation politique avec sa cohorte de morts, de massacres et d'indicibles souffrances

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Afrique: le péché d’orgueil du guérillero.

Le peuple démocratique n’est jamais débiteur du guérillero ou de l’insurgé qui a abattu une dictature ou une tyrannie par les armes. Il n’est pas non plus débiteur de l’opposant qui a renversé un régime autocratique par la révolte populaire. Lorsque les dirigeants d’une insurrection ou d’une révolte populaire s’octroient une légitimité démocratique a priori et absolue du fait de la guerre, ou de la révolte populaire, ils finissent par mettre le peuple sous tutelle.. De l’Algérie à l’Afrique du sud en passant par l’Angola, l’histoire africaine témoigne de ce renversement du mouvement de libération en pouvoir liberticide et en force d’oppression. La postérité politique de Nelson Mandela, exemple historique du libérateur, n’a pas entendu et compris la substance de son message au peuple Sud-africain : « Vous ne me devez rien. Vous êtes absolument le Souverain ». Du fait de cette surdité volontaire, l’ANC post-Mandela s’est transformée en oligarchie prédatrice animée par une mentalité tributaire.

 Le guérillero des mouvements anticolonialistes de libération nationale n’est pas politiquement légitime du seul fait d’avoir risqué sa vie et d’avoir contribué au renversement du pouvoir colonial par la lutte armée. L'insurgé et l’opposant qui, usant du droit universel de résistance à l’oppression, ont contribué à renverser par la révolte populaire ou  par les armes une dictature immonde ne sont pas, de ce seul fait, qualifiés pour l’exercice du pouvoir démocratique. Ils doivent d’abord se plier aux règles du suffrage universel et être démocratiquement élus.

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Guerre de succession en Côte d’Ivoire. La légitimité du chef de l’État n’est pas en cause. 1ère partie.

 

La guerre de succession qui vient de se déclencher entre les membres de la coalition RHDP, à trois années de distance de la Présidentielle 2020,  remet-elle en question la légitimité du gouvernement et du chef de l’État ivoirien? La réponse à cette question est évidemment négative. En démocratie, les partis ne se confondent pas avec l’État dont le chef incarne l’unité de la Nation. L’ère du parti-État est à jamais révolue.

Cette guerre intra-partisane de succession n’exprime donc nullement une défiance du peuple ivoirien envers son gouvernement et envers le chef de son État. Cette guerre anachronique de succession est le symptôme spectaculaire de la dérive partitocratique de la démocratie multi-partisane en Côte d’Ivoire  et en Afrique en général. Elle signifie, de manière théâtrale, la clôture  des partis politiques africains sur eux-mêmes, la priorité des stratégies d’appareil sur l’impératif de représentativité sociale, la quasi-indifférence des pouvoirs politiques aux demandes de la société. 

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Côte d’Ivoire : La différence entre réconciliation démocratique de conviction et réconciliation démagogique instrumentale.

Sur la scène politique ivoirienne qui se recompose de manière empressée en vue de l’élection présidentielle 2020, la thématique de la réconciliation semble constituer la substance des projets de nouvelles alliances et de nouvelles coalitions politiques en formation. Il importe, pour cela, d’établir clairement la distinction entre réconciliation démocratique de conviction et réconciliation démagogique instrumentale pour éclairer la lanterne des ivoiriens auxquels cette thématique est servie en guise d’offre politique unique à presque trois années de l’élection présidentielle 2020.

La réconciliation démocratique de conviction est une fin en soi. Son objectif est de reconstruire l’unité de la cité sans laquelle il n’y a pas de vie politique possible. Elle réunifie les protagonistes de la guerre civile dans l’unicité de la Loi pour reconstruire le vivre-ensemble républicain. La réconciliation démagogique instrumentale est, par contre, un moyen au service d’intérêts particuliers et de fins privées. Elle sert à rassembler circonstanciellement, à partir d’un marchandage, des ambitions personnelles divergentes inconciliables qui entretiennent la division de la cité. La réconciliation démocratique en appelle à la Loi et à la restauration plénière de l’Etat de droit. La réconciliation démagogique en appelle, au contraire, à l’impunité et se satisfait de la restauration de l’Etat de nature.

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Réforme de la Constitution ivoirienne: le sens de la séparation des pouvoirs. 1/1

assembléePour renforcer la démocratie et pour préserver la Côte d’Ivoire de l’instabilité politique, il faut réformer la constitution, l’expurger de tous les « points confligènes ». Il faut, entre autre, réformer la séparation des pouvoirs pour mettre fin au danger  autocratique et au risque oligarchique. Il faut éliminer la déficience majeure de notre Constitution, l’emprise politique de l’exécutif sur le législatif et le judiciaire, qui a provoqué la crise politique ivoirienne. Cette réforme nécessaire est un point de consensus entre les différents protagonistes politiques ivoiriens.

Sur la base de ce consensus, le gouvernement et l’opposition ont choisi des solutions différentes et opposées correspondant à leurs obédiences idéologiques respectives. « Nous ne sommes pas d’accord- dit Affi N’guessan – en ce qui concerne les rapports entre le législatif et l’exécutif.  Là où le président souhaite mettre des institutions étanches, nous pensons qu’il faut mettre en place un mécanisme de collaboration entre les différentes institutions, dans l’intérêt du pays. ». C’est donc une discussion politique qui s’amorce à fleuret moucheté. Elle est animée par des choix idéologiques divergents et par des soupçons qu’il importe de révéler pour éviter un dialogue de sourd.

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L’élection au suffrage universel des despotes africains. 2ème Partie

Dans les démocraties de parti unique ou de parti dominant, le libéralisme économique,  n’avait pas dans la plupart des cas, réussi  à promouvoir le développement,  à créer une nation, à réaliser l’inclusion sociale et l’intégration économique de la cité  parce que ces régimes politiques étaient fondés sur la négation de l’égalité, de la liberté et de la créativité individuelle et collective.  Tout laisse donc à penser que le mercantilisme  institué des  démocraties procédurales ne produit donc pas  le développement endogène parce qu’il limite  les échanges à l’oligarchie, à la différence du libéralisme économique réel. Il tue la concurrence, donc la créativité et l’émergence des talents, parce qu’il est fondé sur le monopole qu’Adam Smith condamne, et qu’il tend à ne promouvoir que les intérêts des plus forts et des groupes dominants. 

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La CPI juge sous la perspective des obligations de l’homme envers l’humanité.

Le Droit procède des obligations de l’homme envers l’homme.

Dans les cours pénales internationales qui siègent au-dessus des jurisprudences nationales et coutumières, des situations de fait et des rapports de force, pour juger les crimes perpétrés contre l’humanité, les procès se tiennent sous le registre des obligations de l’homme envers l’humanité.

Les victimes doivent être défendues en raison de la violation de leurs droits  fondamentaux d’êtres humains par des tiers qui n’ont pas reconnu envers elles  leurs devoirs inconditionnés d’obligés. Les accusés doivent aussi être défendus dans leurs droits fondamentaux en dépit du caractère abominable des crimes qui leur sont reprochés. Le tribunal qui siège pour défendre les droits de l’Humanité est obligé envers les accusés qui sont aussi, par-dessus tout, des êtres humains. « Il y a, écrit Simone Weil, obligation envers tout être humain du seul fait qu’il est un être humain ». L’accusé, Chef d’Etat, soldat, policier, milicien politicien ou simple citoyen est donc pénalement accusé devant une CPI pour avoir failli à son obligation envers des créatures qui étaient, par-dessus tout, des êtres humains.

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