Articles par balises :République

La crise de la nation républicaine et la panne de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.  0

Après une guerre civile, la justice impartiale réalise sa vertu réconciliatrice lorsque les protagonistes du conflit se reconnaissent une appartenance commune et partagent en commun les valeurs fondatrices du vivre-ensemble. La sanction pénale judiciaire réconcilie lorsque les responsables politiques et les accusés consentent expressément à reconnaitre leur culpabilité politique et leur culpabilité morale indépendamment de la culpabilité judiciaire. La reconnaissance de cette double culpabilité, qui n’est pas pénale, unit les coupables et les victimes dans la coresponsabilité d’une communauté politique qui se réconcilie à travers la peine judiciaire.La sanction pénale judiciaire, fut-elle impartiale et juste est, par contre, incapable de réconcilier la nation lorsque ces deux sortes de culpabilités ne sont pas préalablement reconnues et que les protagonistes du conflit ne se reconnaissent pas une appartenance commune et ne partagent pas en commun les valeurs fondatrices du vivre-ensemble. De ce point de vue, la dénonciation de la justice ivoirienne comme justice du vainqueur en Côte d’Ivoire traduisait la non-reconnaissance, par tous, de la Loi de la communauté politique nationale qui s’exprime dans cette Justice.

Lire plus …

Le nationalisme identitaire contre la démocratie en Côte d’Ivoire.  0

En Côte d’Ivoire, le nationalisme identitaire et le national-populisme ont déjà sévi. Ils demeurent un danger prégnant contre lequel il faut prémunir la démocratie ivoirienne. Le péril ethno-nationaliste et national-populiste n’a pas encore été déraciné malgré le changement de régime. La panne emblématique et symbolique de la réconciliation nationale ivoirienne en témoigne. Cette panne ne tient ni à une justice prétendument partiale et inefficiente, ni à un manque de volonté du gouvernement. Elle tient à la nature antinomique et irréconciliable des deux conceptions de la Nation et de l’Etat qui s’affrontent en Côte d’Ivoire. Les tenants de la conception identitaire de la nation récusent les tenants de la conception citoyenne de la nation. Les élections successives ont par ailleurs apporté la preuve de la polarisation ethnique, régionaliste et confessionnaliste de l’électorat ivoirien. Radicalisée par une dizaine d’années de propagandes ethno-nationaliste et national-populiste débilitantes, une grande partie de la population peine à retrouver les repères citoyens qui rendirent possible, durant une quarantaine d’années, la coexistence à l’ivoirienne de la diversité sociale. Restée sous l’emprise de la drogue empoisonnée du populisme identitaire, elle attend son messie.

Lire plus …

Côte d’Ivoire. Le nationalisme libéral modernisateur du PDCI-RDA originel.  0

PDCI et RDR : la métaphore du mariage est-elle pertinente (2ème partie)

Favorisée  par la séparation des cultures et de l’économie globalisée, la montée en puissance du nationalisme identitaire différentialiste et du populisme xénophobe est devenue, de nos jours, un problème préoccupant dans le monde. Destructeurs politiquement, socialement et économiquement, ils sont des virus mortels pour les corps politiques. Durant une quinzaine d’années terrifiantes, de 1995 en 2011, la Côte d’ivoire a vécu dans sa chair, la morsure empoisonnée de la bête immonde. Le nationalisme identitaire différentialiste a sévi dans le pays successivement sous la forme de l’ethno-nationalisme défini comme ivoirité, et sous la forme du national-populisme xénophobe camouflé sous le masque du nationalisme des mouvements de libération anticolonialiste. Les problématiques politiques ivoiriennes doivent être envisagées relativement à cette expérience historique concrète de déréliction collective.

Lire plus …

La dégénérescence du conflit social en conflit politique dans les démocraties africaines: causes profondes et solutions.  0

En nos démocraties en construction, les revendications sociales dégénèrent souvent en conflit politique, en contestation du régime et finissent par se transformer en guerre civile. Il en est ainsi parce que l’unité nationale citoyenne reste à bâtir. La culture du conflit démocratique comme affrontement institutionnel légitime des intérêts particuliers divergents, des idées et des valeurs contradictoires, n’est pas encore complètement intégrée par toutes les parties prenantes du contrat social. Il s’ensuit que la multiplication des mouvements sociaux est interprétée comme indice de la crise du régime politique, de la remise en question de la légitimité du gouvernement. La prolifération des revendications catégorielles est interprétée comme une   contestation populaire du pouvoir politique. Le mouvement social est alors considéré comme une arme politique dans la lutte pour le pouvoir et non pas comme une institution du conflit démocratique, par  laquelle les organisations de la société civile défendent leurs intérêts catégoriels et revendiquent des droits dans le cadre du régime. Cette déficience culturelle et politique favorise l’instrumentalisation des mouvements sociaux par des mouvements politiques insurrectionnels qui cherchent à renverser, par la violence, le gouvernement élu pour s’emparer du pouvoir.

Lire plus …

La finalité des mouvements sociaux n’est pas de contester la démocratie.  0

En démocratie, les mouvements sociaux ne contestent pas le régime pluraliste. Il importe de distinguer le mouvement social et le mouvement politique et révolutionnaire. L’un est foncièrement différent de l’autre. Ils poursuivent des objectifs divergents. Le mouvement social, par exemple, une grève de fonctionnaires ou de cheminots, défend des intérêts catégoriels, revendique des droits à l’intérieur du régime, appelle à la négociation et est prêt au compromis social. Le mouvement non social politique et révolutionnaire, au contraire, conteste le régime, aspire à le renverser, si possible par la violence, et récuse par conséquent la négociation et le compromis social. La confusion entre ces deux types de mouvements brouille les repères. Elle est courante sous nos latitudes africaines.

Lire plus …

A qui profiterait la défaite d’Alain Juppé?  0

thumb_1908A qui profiterait la défaite d'Alain Juppé à la primaire LR en France?

Contrairement à ce qui se dit, la remontée spectaculaire  de François Fillon au premier tour de la primaire de LR doit très peu à la stratégie personnelle de terrain de Fillon. Elle doit, par contre, beaucoup au choix des stratèges du Front National qui trouvent, en sa personne, le candidat idéal à opposer à Marine Lepen pour assurer sa victoire en 2017. La victoire de François Fillon  n'a donc rien d'un miracle.

Lire plus …

Donald Trump et nous les ivoiriens.  0

thumb_1890Les Etats-Unis, l'Amérique et l'Europe démocratiques ont accueilli l'élection de Donald Trump avec sidération et inquiétude. Sa xénophobie assumée, son discours identitaire brutal, sa vision d’une Amérique fermée au monde, ses excès verbaux sont dénoncés et condamnés aux États-Unis et dans toutes les démocraties d'Europe Occidentale. Chez nous en Côte d'Ivoire, un parti politique tient ouvertement ces mêmes propos xénophobes, ce même discours identitaire brutal, sans susciter ni sidération, ni inquiétude des démocraties d'Afrique, d'Europe et d'Amérique. Ce parti est même reconnu, par les susnommées démocraties comme un parti normal d'opposition, alors même que le parti de Marine Lepen et ses semblables en Europe sont regardés avec méfiance et inquiétudes par ces mêmes démocraties qui cherchent à s’en prémunir.

Lire plus …

Côte d’Ivoire. La faillite politique de l’opposition ivoirienne.  0

thumb_1869Aux yeux du monde entier, l’opposition ivoirienne présente ce spectacle hallucinant : désertant l’espace de l’opposition socialiste ou social-démocrate au gouvernement libéral ivoirien, le Front Populaire Ivoirien, dit principal parti d’opposition d’obédience socialiste, s’est métamorphosé en parti identitaire xénophobe d’extrême droite. S’étant mis volontairement en marge de la république et de démocratie, il appelle ouvertement à la chasse aux étrangers, à la défense de la nation contre une invasion « de gens venus d’ailleurs », à la défense du sang et du sol. Cette faillite est le symptôme révélateur de la vacance d’une opposition démocratique et républicaine en Côte d’Ivoire, un chaînon manquant qui menace l’édifice démocratique ivoirien. L’expression « opposition ivoirienne » doit pour cela être remise en question. D’un point de vue démocratique et républicain, il n’y a pas d’opposition ivoirienne.

Lire plus …

Victoire du « OUI » en Côte d’Ivoire. L’échec de la tentative de hold-up référendaire du FPI.  0

thumb_1852La tentative de hold-up référendaire, perpétrée par l'extrême droite ivoirienne le FPI et son "front du refus" contre le peuple citoyen ivoirien, a échoué. Similaire au rapt échoué de la Présidentielle de 2010, cette tentative de vol du référendum  a été perpétrée selon une modalité différente au moyen d'une opération commando de type quasi-militaire intitulée "opération désert électoral" menée selon des séquences coordonnées dans un plan A et un plan B.

Lire plus …

Contre l’extrême droite xénophobe ivoirienne, le devoir d’indignation morale.  0

thumb_1818Pour sauvegarder la démocratie en Côte d’Ivoire, il faut dénoncer l’imposture démocratique incarnée par le FPI et son, bien nommée, « front du refus ». Au fil de ses contradictions et de ses dernières déclarations identitaires et xénophobes, ce « front du refus » s’est avéré être un front du refus de la démocratie et de la République, un front d’appel à la purification ethnique, à la guerre contre les étrangers et les ivoiriens supposés tels.

Il importe, par conséquent, de dévoiler collectivement et publiquement sa nature  de parti d’extrême droite, sa parenté idéologique avec les blocs identitaires racistes et xénophobes des pays occidentaux, notamment les alliances du  Front Populaire Ivoirien (FPI) avec le Front National Français (FN). Ce travail nécessaire de déconstruction des impostures démocratiques, doit s’intégrer dans un travail plus vaste de redéfinition précise des identités partisanes en Côte d’Ivoire et en Afrique Noire. Il faut pour cela s’indigner moralement des déclarations potentiellement génocidaires des responsables du « front du refus » ivoirien. Il faut dénoncer leur imposture à partir de la position des fondamentaux éthiques et moraux de la République et de la démocratie.

Lire plus …

Côte d’Ivoire : le masque démocratique du FPI est tombé.  0

thumb_1814« Ne touchez pas à nos terres » ! C’est désormais le slogan des manifestants anti-référendum du FPI, un parti qui semble, maintenant, se poser ouvertement en défenseur de la terre et de la pureté du sang des dirigeants ivoiriens contre d’imaginaires spoliateurs étrangers ! Une nouvelle position politique dangereuse, un air de déjà vu, que vient de confirmer le discours ouvertement xénophobe de Mme Odette Lorougnon, une responsable de premier plan du FPI

Lire plus …

Côte d’Ivoire : une assemblée constituante sans volonté de vivre-ensemble est une impossibilité politique et juridique.  0

thumb_1779Une assemblée constituante sans volonté de vivre-ensemble est une impossibilité politique et juridique. Démontrons conceptuellement et analytiquement cette assertion en suivant, pas à pas, la raison.

Sans assemblée constituante, il n’y a pas de constitution parce que l’assemblée constituante est la cause motrice de la constitution. Il faut nécessairement une assemblée constituante pour produire, écrire ou reformer une constitution. Mais l’assemblée constituante est, elle-même, l’effet de la volonté de vivre ensemble de tous les membres d’une collectivité sociale. Il faut que les acteurs de la constitution partagent en commun la volonté de vivre ensemble, la volonté d’égalité et de liberté, pour donner forme à une assemblée constituante. Cette volonté collective de vivre ensemble, cette volonté constituante, est la cause formelle, la raison d’être de l’assemblée constituante et de la Constitution qui en dérive. Sans elle, il ne peut y avoir d’assemblée constituante ni de constitution.

Lire plus …

Côte d’Ivoire: manifestation du bloc identitaire ivoirien le 20 Octobre 2016..  0

thumb_1758La manifestation du 20 Octobre 2016 en Côte d’Ivoire est celle du bloc identitaire ivoirien et non celle du peuple citoyen. Le bloc identitaire ivoirien appelle au boycott du référendum et manifeste pour « demander le retrait pur et simple de la nouvelle constitution » parce que l’éventuelle consécration de cette nouvelle constitution par le référendum légitimerait  la République et la citoyenneté que la constitution du 1er Aout 2016 permet de récuser. Tel est le fond du problème. Le reste n’est que décorum destiné à faire diversion.

Lire plus …

La nouvelle constitution fait-elle régresser politiquement la Côte d’Ivoire?  0

thumb_1746Pour répondre objectivement à cette question, il faut tenir compte de la réalité historique et politique de la Côte d’Ivoire, de l’hétérogénéité originelle de sa population, du projet de société fondateur qui  présida à sa naissance en 1960. Il faut raisonner par induction. Il faut argumenter à partir de la signification des notions de « République », de « Démocratie », de « Constitution », de « Politique ». Il ne faut pas argumenter à partir des présomptions arbitraires et des ambiguïtés volontairement entretenues par certains acteurs politiques  pour semer la confusion dans l’esprit des ivoiriens. Il faut avoir en vue les continuités et les ruptures qui relient les constitutions du 3 Novembre 1960, du 1er Août 2000 et du 5 Octobre 2016. Il faut mettre ces constitutions en corrélation avec les régimes politiques respectifs qui s’y rapportent pour induire une réponse objective à la question de la pertinence politique du nouveau projet de constitution.

Lire plus …

Que faire au FPI pour réinvestir l’espace démocratique ivoirien ?  0

thumb_1732Pour redevenir un parti de gouvernement en Côte d’Ivoire, le FPI doit faire sa mue républicaine et démocratique. A l’image des réformes idéologiques internes et des révolutions mentales auxquelles les partis de gauche, dans un grand nombre de pays , durent se résoudre pour se réinscrire dans le jeu démocratique contemporain, le FPI doit  passer par un aggiornamento idéologique pour  incarner le socialisme républicain ou, à tout le moins, la social-démocratie en Côte d’Ivoire. En 2011 le FPI avait été exclu de l’Internationale Socialiste en raison de sa politique nationale qui violait les fondamentaux idéologiques et les valeurs du socialisme. Il s’agit donc pour le FPI de se redéfinir selon ces fondamentaux et ces valeurs. La problématique politique à résoudre au FPI est que le parti réussisse à se libérer de la gangue idéologique qui l’enferme  dans un passé à jamais révolu, à redéfinir clairement son identité républicaine, à construire un discours universaliste. Sa métamorphose salvatrice est à la condition de ce courage politique. Elle résultera d’un arrachement à soi.

Lire plus …