Articles par balises :projet de société

Côte d’Ivoire : nos partis d’opposition nous prouvent-ils qu’ils sont capables de mieux diriger le pays?  0

Cette question vitale mérite d’être posée car l’opposition ivoirienne est, depuis un long moment, engagée dans une stratégie multiforme de délégitimation du gouvernement. La critique argumentée et les projets de société alternatifs crédibles qui pourraient valider sa prétention à mieux diriger le pays se font pourtant attendre.

 En démocratie républicaine, l’aptitude de l’opposition à gouverner repose sur sa capacité à justifier argumentativement ses positions et à élaborer des projets de société inclusifs et intégrateurs qui battent en brèche ceux du gouvernement. C’est en remplissant cet office dans les règles de l’art politique qu’elle se qualifie comme contre-pouvoir capable de gouverner.

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Côte d’Ivoire : comment penser l’alternance du pouvoir au sein du RHDP pour 2020 ?  0

Faut-il penser l’alternance du pouvoir au sein du RHDP en termes de priorité partisane ou  en termes de continuité politique du modèle Houphouëtiste de la Nation et de l’Etat ?  Compte tenu de la situation historique spécifique de notre pays aujourd’hui, n’est-il pas plus rationnel politiquement d’y concevoir l’alternance des deux partis houphouëtistes en termes d’alliance modulée entre des partenaires idéologiques aux programmes et projets sociétaux complémentaires ? L’objectif ultime de l’appel de Daoukro ne fut-il pas d’édifier un front républicain pérenne contre l’ethno-nationalisme et le national-populisme qui, sous des masques divers, menacent à tout moment de dévoyer l’houphouëtisme, d’en pervertir l’esprit et, de ce fait, de  désintégrer notre pays, la Côte d’Ivoire ?

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L’émergence : expression du mouvement de la substance libérée en concept.  0

Pr Augustin Kouadio Dibi

Professeur Titulaire de Philosophie

Université Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire)

Actes du Colloque International « Emergence et Reconnaissance »

Bouaké. Août 2017.

Le terme « émergence » reçoit dans l’actualité de notre monde un usage tel que sa compréhension est présupposée évidente. Elle semble aller naturellement de soi. Nous tenons sa signification pour quelque chose de ferme, d’assuré, de bien connu. Hegel souligne que « ce qui est bien connu en général, justement parce qu’il est bien connu, n’est pas du tout connu » ! Il importe de quitter l’habituel, afin d’habiter de manière essentielle la réalité que recouvre ce terme.

Emerger dit un acte : celui de faire irruption, de surgir, de s’éveiller à un autre niveau proprement accomplissant. A travers ce terme, nous avons l’idée d’un jaillissement subtil et discret de l’intérieur vers l’extérieur, d’un paraître hors de soi, à la suite d’une patiente maturation. C’est l’acte de s’épanouir à l’extérieur à partir d’une intense intériorisation de soi. Emerge ce qui est parvenu à un état tel qu’il lui faut désormais passer à un autre plan, en laissant sa vérité intérieure se dire, se manifester. C’est par ce mouvement que quelque chose vient à l’existence.

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Côte d’Ivoire : comment reconstruire la représentativité sociale de nos partis politiques pour en finir avec le tribalisme ?  0

Comme je l’ai souligné dans une contribution précédente, le PDCI-RDA, qui regroupa l’ensemble de partis politiques ivoirien sous le régime de parti unique, fut un parti de planteurs, de cheminots, de fonctionnaires, d’instituteurs, de travailleurs du secteur privé, de commerçants, d’entrepreneurs, d’ouvriers, de dockers et j’en passe. Les syndicats qui s’affilèrent au PDCI-RDA représentèrent les intérêts de corporations professionnelles. La représentativité du PDCI-RDA était donc sociale. Elle n’était pas communautaire et ethnique.

 Lors de l’instauration du multipartisme dans les années 1980 les nouveaux partis politiques ivoiriens naissant de la matrice commune du PDCI-RDA auraient dû se restructurer sur cette base sociale du parti-unique. A partir de leur conscience de classe encore vivante, les diverses catégories sociales ivoiriennes auraient pu se rassembler dans de nouveaux  partis politiques incarnant les différentes obédiences idéologiques de la droite libérale et de la gauche socialiste représentant et défendant des intérêts sociaux catégoriels divergents

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Côte d’Ivoire : Confusion programmatique et culte de la personnalité de Soro Guillaume, le choix de l’échec politique.  0

En démocratie représentative, le peuple élit toujours un programme politique et économique  et un projet de société. Il se reconnaît dans un candidat dans la mesure où ce dernier les incarnent et les portent par des arguments et par la conduite. Cette règle générale de la vie démocratique est valide dans une Côte d’Ivoire où la société civile s’est émancipée des tutelles politiques, demeure informée et critique malgré les apparences. Laurent Gbagbo l’a appris à ses dépens en 2010.

Selon toutes les évidences, l’aile politique des FN de Soro Guillaume chemine à contre-courant de cette évolution sociologique de l’électorat ivoirien et de ses attentes. Elle navigue à vue. La récusation brutale du culte de la jeunesse au profit du culte de la personnalité est le symbole de la confusion et de l’errance d’une faction dissidente désespérément dépourvue d’ancrage sociologique et idéologique, programmatique et sociétal. Il faut pouvoir thématiser et structurer programmatiquement et économiquement un autre courant du libéralisme. En appeler à l’expérience successive de Soro Guillaume à la tête de la rébellion militaire, dans le gouvernement ethno-nationaliste de Laurent Gbagbo et dans le gouvernement libéral d’Alassane Ouattara ne suffit pas à en faire un homme d’Etat. Accoler un « isme » au nom Soro, proclamer un « soroïsme », ne suffit pas à établir une doctrine politique cohérente, claire et structurée. Nommer n’est pas créer. Désigner n’est pas faire exister.

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Le boycott électoral, version politique de la grève syndicale au FPI.

thumb_1809Arme politique usuelle du FPI, un parti d’anciens syndicalistes, le boycott électoral est la version politique de la grève syndicale. Ce recours récurrent au modèle de la lutte syndicale dans lutte politique est le signe  manifeste de l’échec des dirigeants du FPI dans l’épreuve de conversion à la généralité  qui transforme le syndicaliste ou l’avocat en individu-général, en homme politique défenseur de la généralité sociale et serviteur de la société globale. Un Lech Valesa et ses compagnons en Pologne, un Lula et ses compagnons au Brésil, un Nelson Mandela réussirent à se convertir en politiciens, c’est-à-dire précisément en individus-généraux au service de la société globale, luttant pour promouvoir une société d’inclusion, de liberté et d’égalité.

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La personnalisation du débat politique en Afrique Noire, symptôme de la crise de représentativité sociale des partis politiques.

thumb_1788En Afrique Noire, la démocratie souffre de la crise de représentativité sociale des partis politiques. Cette crise se manifeste par la personnalisation du débat politique par la réduction de la lutte politique à la conquête du pouvoir. La vie politique africaine se caractérise par la lutte féroce des différentes fractions  de la classe politique pour le contrôle du pouvoir. Ce ne sont pas des programmes politiques, des projets de société, des solutions partisanes contradictoires qui s’affrontent par acteurs politiques interposés pour répondre aux besoins vitaux et aux demandes des populations. Ce sont les acteurs politiques qui s’affrontent en instrumentalisant les ethnies, les confessions, les régions et les populations pour accaparer le pouvoir d’Etat et en faire un usage personnel.  Ainsi, l’affrontement démocratique en Afrique noire se donne à voir comme férocité des affrontements personnels et fureur des affrontements entre partis politiques fonctionnant en roue libre pour se servir eux-mêmes.

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En Côte d’Ivoire, la déficience des idéologies partisanes doit être réparée pour conforter la démocratie.

thumb_1703En Côte d’ivoire, la crise politique des années 2000 à 2011 fut, entre d’autres conditions déterminantes, la conséquence d’une éclipse de la raison publique et d’une confusion politique toutes deux provoquées par la vacance des idéologies partisanes. Il est donc nécessaire de prendre la pleine mesure de cette déficience idéologique afin d’y remédier pour pouvoir maintenir, dans la bonne direction,  la barre du navire de la démocratie ivoirienne. Commençons donc par définir ce qu’est une idéologie politique en démocratie.

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La politique à la manière de Barack Obama, ou le service des valeurs de la démocratie.

thumb_1681 « Barack Obama en campagne pour Hillary Clinton » titrait RTL le 14-09-2016. Barack « Obama met son bilan et sa popularité au service d’Hillary Clinton en difficulté dans les sondages ». annonçait le Monde du 15.09.2016. « Malgré l’insulte, Obama a finalement rencontré le président philippin Duterte » corrigeait 20 Minutes le 08.09.2016. Tels sont les divers comptes-rendus des journaux relatant les récentes péripéties de la politique intérieure et étrangère du Président américain. Ces titres révèlent les traits saillants de la gouvernance d’un démocrate aux Etats-Unis. Dans le sillage de l'Homme de Qunu, Nelson Mandela, Barack Obama donne à voir à l’Afrique Noire frappée par la  maladie  de la personnalisation du pouvoir, de la compétition des egos, des querelles de personne et de succession, un modèle de politique partisane et nationale à imiter.

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Réforme de la Constitution en Côte d’Ivoire. Le sens et l’objet des états généraux de la République. 4/4

Réforme de la constitutionRéappropriation autocritique des valeurs de la République et de la démocratie : la responsabilité citoyenne et politique

Demander  à tenir « les états généraux de la République pour faire le bilan de la crise politique ivoirienne afin que cette situation ne se reproduise pas dans un avenir proche », c’est vouloir recentrer le  débat public ivoirien sur les valeurs de la République et de la Démocratie. C’est vouloir déterminer les raisons ayant conduit les divers protagonistes de la crise politique ivoirienne à trahir si facilement ces valeurs. C’est, dans ce débat autocritique, réinterroger nos engagements individuels et collectifs du passé et du présent. C’est pour chacun d’entre nous, nous mettre en position de réceptivité pour  nous approprier les valeurs de la République et de la démocratie afin de construire le présent et l’avenir de la cité ivoirienne. C’est décider de révoquer le passé en nous y référant comme mémoire de nos abdications et de nos démissions. C’est vouloir bâtir le présent et le futur de la Côte d’Ivoire selon le modèle démocratique de la coexistence de la diversité, du respect des libertés fondamentales, de la coresponsabilité citoyenne et de la fraternité.

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Comment l’opposition ivoirienne devrait-elle jouer son rôle de contre-pouvoir face au gouvernement ?

Le mot du Premier Ministre Kablan Duncan et la question de la responsabilité du personnel politique ivoirien. 2ème partie

La mise au point faite par le premier Ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan le Mardi 12 janvier dernier, amène nécessairement à évaluer, d’un point de vue qualitatif  la gouvernance du parti au pouvoir et l’activité de contre-pouvoir des partis d’opposition. Le gouvernement libéral ivoirien gouverne-t-il comme il se doit en démocratie électorale représentative? L’opposition dite socialiste ivoirienne s’oppose-t-elle au gouvernement comme  il se doit dans ce type de régime ?

En démocratie électorale représentative, un gouvernement d’obédience libérale doit gouverner selon les principes du libéralisme. Une opposition d’obédience socialiste doit s’opposer au gouvernement avec les principes du socialisme. Cette règle d’or explique, en France, le désaveu du gouvernement socialiste français actuel auquel son électorat reproche de gérer le pouvoir comme un gouvernement libéral.  En posant la question de la qualité  du mode sous lequel le gouvernement et l’opposition politique s’exercent en Côte d’Ivoire, nous évaluons donc ces deux représentants  du pouvoir démocratique selon leurs capacités respectives à répondre aux réquisits des obédiences dont elles prétendent se réclamer.

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Comment l’opposition ivoirienne devrait-elle jouer son rôle de contre-pouvoir face au gouvernement ?

Le mot du Premier Ministre Kablan Duncan et la question de la responsabilité du personnel politique ivoirien. 2ème partie

La mise au point du premier Ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, amène nécessairement à interroger, du point de vue de leur qualité idéologique respective, la gouvernance du parti au pouvoir et l’activité de contre-pouvoir des partis d’opposition. Le gouvernement libéral ivoirien gouverne-t-il comme il se doit en démocratie électorale représentative? L’opposition dite socialiste ivoirienne s’oppose-t-elle au gouvernement comme  il se doit dans ce type de régime ?

En démocratie électorale représentative, un gouvernement d’obédience libérale doit gouverner selon les principes du libéralisme. Une opposition d’obédience socialiste doit s’opposer au gouvernement avec les principes du socialisme. Cette règle d’or explique, en France, le désaveu du gouvernement socialiste français actuel auquel son électorat reproche de gérer le pouvoir avec les principes du libéralisme.  En posant la question de la qualité  du mode sous lequel le gouvernement et l’opposition politique s’exercent en Côte d’Ivoire, nous évaluons ces deux représentants  du pouvoir démocratique selon leurs capacités respectives à répondre aux réquisits des obédiences dont elles prétendent se réclamer.

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Alternance démocratique du pouvoir et lutte pour le pouvoir. En quoi consiste la différence ?

Cette contribution a été inspirée par la querelle naissante entre le PDCI et le RDR relativement à la problématique de l’unification des deux partis.

 L’alternance du pouvoir entre divers partis et équipes de gouvernement est un élément essentiel au bon fonctionnement de la démocratie. Elle s’obtient au moyen de la compétition entre les acteurs politiques pour prendre le gouvernement. Au delà des personnes et des partis,  ce combat politique est un affrontement idéologique, un affrontement entre des projets de société, des programmes politiques différents et concurrents. L’alternance démocratique du pouvoir, y compris au sein d’une coalition partisane, est donc une alternance de projets de société et de programmes politiques divergents et alternatifs qui doivent relayer au niveau de l’Etat les demandes émergeant des divers secteurs de la société.

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Victoire du modèle de la coalition républicaine et urgence constitutionnelle en Côte d’Ivoire.

Les leçons de l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2015. 2ème  partie

Loin de ternir la victoire du candidat du RHDP, l’appel au boycott qui n’est pas parvenu à faire descendre le taux de participation en dessous de 50% fait ressortir, au contraire, l’efficience électorale du modèle de la coalition. La victoire  électorale du candidat de la coalition RHDP en Décembre 2010 a été confirmée en Octobre 2015.

 En situation de crise, lorsque la République est menacée, un front républicain, une coalition des obédiences républicaines, s’avère indispensable pour garantir la majorité électorale permettant de préserver la République. A contrario l’échec de la tentative de coalition CNC des partis  politiques qui se réclamaient de l’article 35 doit être souligné. Ce regroupement, formé circonstanciellement  pour appeler au boycott de la présidentielle, n’a pas pu dépasser le stade de  la bande insurrectionnelle.  Rassemblement opportuniste et velléitaire sans programme politique cohérent et unifié, le groupe CNC n’a pas pu se transformer en coalition politique. L’échec électoral de cette tentative, symbolise l'échec électoral  de la politique  d’exclusion et d’homogénéisation ethnique dans la société multiethnique et pluriconfessionnelle ivoirienne dont l’hétérogénéité et la pluralité constituent l’ADN. Inhérent au projet du nationalisme communautaire, la brutalisation de la vie politique, l’exclusion et le refus de l’altérité, furent institués en Côte d’Ivoire au moyen de la violence physique et psychique, de la propagande et de la manipulation mentale et juridique.

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Le « rattrapage ethnique », nouvelle formule du populisme du CNC en Côte d’Ivoire. (2ème partie)

L’auteur de cet article-ci ne saurait nier la résilience continentale du tribalisme du népotisme et de la corruption. Il importe de combattre et de guérir ces maladies génétiques des Etats postcoloniaux d’Afrique noire (une prochaine contribution de l’auteur sur ce sujet verra bientôt le jour). Mais quand une coalition partisane, adepte du nationalisme communautaire, s’en empare en guise d’argument électoraliste, comme le fait le groupe CNI en Côte d’Ivoire, pour tenter de reconquérir le pouvoir, il importe de dénoncer cette stratégie électoraliste qui relève alors de la démagogie et du populisme. Quand ce groupe, qui s’est illustré dans le tribalisme, le népotisme et la corruption durant son exercice du pouvoir à la tête de l’Etat ivoirien entre 2000 et 2010, enfourche le cheval de bataille de la dénonciation du tribalisme, il faut dénoncer cette imposture ! Quand ce groupe, qui a pratiqué à outrance le tribalisme, le népotisme et la corruption sans aucunement se remettre en cause après sa défaite électorale, qu’il a d’ailleurs jusqu’à ce jour refusée de reconnaitre, retourne subrepticement sur la scène politique à la dérobée par la petite porte en promettant le changement aux Ivoiriens sous un sigle trompeur, il faut dénoncer cette escroquerie. Il faut dévoiler son imposture en le démasquant pour mettre au grand jour son nationalisme ethnique meurtrier de conviction.  Ce nationalisme ethnique revigoré par l’absence d’un débat publique critique sur « l’ivoirité » meurtrière qui était devenue en Côte d’Ivoire un sujet tabou après la guerre civile, constitue toujours, et aujourd’hui plus que jamais, une menace pour la République et la démocratie.

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