LA PROBLÉMATIQUE DE LA DÉFINITION DE SOI COMME CITOYEN EN CÔTE D’IVOIRE. (1ère partie)  0

Le changement social repose toujours sur la condition expresse que la société et surtout son intelligentsia, consente à se réapproprier subjectivement les valeurs, les principes et les représentations requises par le nouveau modèle sociétal induit par les transformations historiques. Le modèle républicain et démocratique inhérent à l’Etat moderne requiert l’adoption par les populations des nouvelles représentations géopolitiques de Nation et d’unité nationale.

Ces représentations mentales nouvelles doivent se substituer aux représentations pré-modernes d’ethnie, de tribus et de clans. Dans nos Etats multiethniques postcoloniaux, ces représentations pré-modernes doivent être conservées en tant que mémoire des peuples. Elles ne doivent pas être les déterminants de la nationalité politique.

C’est aux intellectuels, les élaborateurs des idées et formateurs de la conscience de soi des peuples, qu’il revient de construire les nouvelles représentations modernes de nation et d’unité nationale. En Côte d’Ivoire, particulièrement, cette tâche semble avoir été désertée par l’élite.  

Nous avons tendance à nous définir d'abord par notre appartenance ethnique avant de nous définir par notre appartenance nationale.

Nous voyons nos compatriotes à travers leurs patronymes dans un rapport de différenciation et non pas dans un rapport reconnaissance, de rencontre et de similarité.

Nous restons encore un peu trop ancrés dans le sang et dans le terroir et nous n'avons pas encore réussi à nous enraciner suffisamment dans les valeurs de la République et de la Patrie qui définissent notre appartenance nationale.

NOTRE PROPENSION à nous définir prioritairement par L'ETHNIE est un OBSTACLE à la FORMATION de la CONSCIENCE NATIONALE. Elle tend à réduire à néant tout effort de construction nationale.

NOUS DEVRIONS POUVOIR NOUS DÉFINIR D'ABORD PAR NOTRE APPARTENANCE NATIONALE DE CITOYENS de L'ÉTAT DE Côte D’IVOIRE, ensuite par notre appartenance PROFESSIONNELLE, CORPORATIVE, ASSOCIATIVE ou CONFESSIONNELLE de membre de la société civile et enfin en dernière place, par notre appartenance ethnique.

Que nous ayons la propension de nous définir d'abord par notre APPARTENANCE ETHNIQUE, tribale et clanique avant de nous définir par la notre APPARTENANCE PROFESSIONNELLE et en dernier lieu par notre APPARTENANCE NATIONALE traduit un renversement de priorités qui signifie que nous N'AVONS PAS ENCORE RÉUSSI À INTÉGRER LA REPRÉSENTATION DE NATION ET À NOUS CONVERTIR PLEINEMENT à la CITOYENNETÉ.

La FAUTE de ce RETARD en REVIENT en particulier aux INTELLECTUELS plus qu'aux acteurs politiques.

DANS TOUS les PAYS LA TÂCHE DE FORMATION DE L'IDÉE GÉOPOLITIQUE DE NATION ET D'UNITÉ NATIONALE EN REVIENT AUX INTELLECTUELS.

En Europe ou ailleurs ce sont les intellectuels qui sont, ou ont été, les inventeurs et les propagateurs des nouvelles représentations géopolitiques de Nation et d'unité nationale qui permettent de rassembler une diversité de peuples dans un territoire commun.

Comme leurs pairs des autres États devenus des États-nation grâce à la formation de la conscience nationale par leurs intellectuels qui soutinrent l'œuvre de construction nationale, LES INTELLECTUELS IVOIRIENS DEVRAIENT TRAVAILLER PRIORITAIREMENT À CONSTRUIRE L'IDÉE NATIONALE EN CÔTE D'IVOIRE, À DIFFUSER L'IDÉE D'UNITÉ NATIONALE au lieu de travailler à diviser les ethnies, à les opposer contre la nation, à dresser les chefferies contre l’État dans un régressionnisme passéiste.

Ils devraient être des CONSTRUCTEURS PROGRESSISTES AUPRÈS DES ACTEURS POLITIQUES au lieu d'être les architectes régressionnistes du mythe ethn-onationaliste de l'autochtonie qui a pour effet de diviser et de déchirer notre société multi-ethnique. (A suivre)

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*