Articles par balises :Etranger

LE RHDP, CE BEAU CADEAU DU DESTIN TOMBĒ PARMI DES PLANTES ĒPINEUSES  0

DIBI Kouadio Augustin

Professeur Titulaire de Philosophie,

Université Félix HOUPHOUËT BOIGNY de Cocody

LE RHDP, CE BEAU CADEAU DU DESTIN TOMBĒ PARMI DES PLANTES ĒPINEUSES

L’actualité politique, comme elle va dans notre pays, ne donne-t-elle pas à réfléchir ? Les choses se passent en effet comme si la pensée et la raison avaient été mises en vacances pour le règne de calculs n’ayant d’autre but que l’affirmation fiévreuse du MOI, dans l’oubli que la république est la communauté des hommes raisonnables, soucieuse de ce qui rassemble en vue du Bien…

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L’élection de George Weah au Liberia n’est pas celle d’un autochtone contre les étrangers.  0

En élisant George Weah, les Libériens ne viennent pas de faire le choix de l’État communautaire contre l’État démocratique. Ils ne viennent pas de choisir l’autochtonie et la nationalité contre la citoyenneté. George Weah n’est pas un autochtone qui vient de conquérir l’État pour libérer les siens de la domination des  étrangers.  Il  est un enfant du ghetto, qui est sorti de sa condition de classe par la force de son talent, et qui vient d’être politiquement consacré, pour cette raison, à travers les urnes, par le choix majoritaire des Libériens. Il a été élu parce que la majorité des Libériens a investi sa confiance et son espérance d’émancipation sociale, économique et politique dans ses capacités  et aptitudes personnelles. C’est le représentant politique des catégories sociales économiquement et politiquement dominées qui accède à la direction de l’État par les vertus de la démocratie.

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La dialectique du moi et de l’Autre. Une contribution du Dr Sahidi Bilan de l’Université de Sunderlans. Londres  0

Dr.phil.Sahidi Bilan

Senior Lecturer Undergraduate.

 Programme Manager University of Sunderlans in London.

La dialectique du moi et de l’Autre

 La première partie de ce texte a révélé le rapport d’extériorité extrême dans lequel l’Afrique et l’Occident se trouvent. Le rapport d’assimilation de l’Afrique par l’imposition des modèles de développement économique et politique a conduit plus à l’éloignement des deux pôles qu’à leur rapprochement ou unification. Il nous semble que les deux pôles sont dans un rapport dans lequel la différence est devenue, pour ainsi dire, indifférente, parce que la différence est atrophiée. l’Autre est perçu comme une pure et simple extériorité et même frappé d’anathème.

Si la différence est ossifiée au point qu’elle semble n’être reliée à rien, parce qu’elle n’existe que pour soi-même, n’est-ce pas la solitude qui finit par s’installer, car l’indifférent est devenu amorphe, rigide. Dans cette solitude de l’indifférent, c’est la monotonie qui devient le décor. L’indifférent comme tel s’éclipse car il est tout et il n’est rien à la fois. Ceci est aussi valable à l’autre pôle de la relation, c’est-à-dire le moi ou l’ego. En d’autres mots, si le moi est absolument un moi, ce qu’il a perdu la détermination d’être un moi. Pareillement, si le diffèrent, c’est à dire l’Autre est complétement différent, Autre, il n’est alors plus un différent.

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Le caractère de la Côte d’Ivoire, un quadrilatère moral, politique, social et économique.  0

Le caractère de la Côte d’Ivoire a été constitué par la combinaison de quatre Idées : une idée morale, une idée politique, une idée sociale et une idée économique. La synthèse de cette quadruple idée compose son identité profonde. Notre présent anomique et confus nous oblige à nous y ressourcer pour réorienter notre historicité individuelle et nationale.

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Le nationalisme identitaire contre la démocratie en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire, le nationalisme identitaire et le national-populisme ont déjà sévi. Ils demeurent un danger prégnant contre lequel il faut prémunir la démocratie ivoirienne. Le péril ethno-nationaliste et national-populiste n’a pas encore été déraciné malgré le changement de régime. La panne emblématique et symbolique de la réconciliation nationale ivoirienne en témoigne. Cette panne ne tient ni à une justice prétendument partiale et inefficiente, ni à un manque de volonté du gouvernement. Elle tient à la nature antinomique et irréconciliable des deux conceptions de la Nation et de l’Etat qui s’affrontent en Côte d’Ivoire. Les tenants de la conception identitaire de la nation récusent les tenants de la conception citoyenne de la nation. Les élections successives ont par ailleurs apporté la preuve de la polarisation ethnique, régionaliste et confessionnaliste de l’électorat ivoirien. Radicalisée par une dizaine d’années de propagandes ethno-nationaliste et national-populiste débilitantes, une grande partie de la population peine à retrouver les repères citoyens qui rendirent possible, durant une quarantaine d’années, la coexistence à l’ivoirienne de la diversité sociale. Restée sous l’emprise de la drogue empoisonnée du populisme identitaire, elle attend son messie.

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Le nationalisme identitaire et le populisme en Afrique : forces de libération ou impostures ?

Nourries par les expériences du passé, les démocraties libérales du monde occidental s’évertuent, aujourd’hui, à dresser un cordon sanitaire contre la montée en puissance du nationalisme identitaire. Identifié à la régression socio-économique et politique, il est perçu comme épouvantail qui ne saurait en aucun cas prétendre être une solution au problème d’exclusion, de déclassement et de déréliction sociale provoqué par la face sombre du marché mondialisé et de l’économie globalisée.

 En Afrique, au contraire, le nationalisme identitaire bénéficie, a priori, d’une image plutôt positive. Il est considéré comme étant une nouvelle figure du radicalisme des mouvements de libération anticolonialistes. Cette nouvelle forme du radicalisme anticolonialiste prétendrait conduire la décolonisation à son achèvement.Elle travaillerait à la conquête de la souveraineté totale des Etats et des peuples contre une modernité et une modernisation économique identifiées, toutes les deux, comme nouvelles figures du colonialisme.

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Côte d’Ivoire : le masque démocratique du FPI est tombé.

thumb_1814« Ne touchez pas à nos terres » ! C’est désormais le slogan des manifestants anti-référendum du FPI, un parti qui semble, maintenant, se poser ouvertement en défenseur de la terre et de la pureté du sang des dirigeants ivoiriens contre d’imaginaires spoliateurs étrangers ! Une nouvelle position politique dangereuse, un air de déjà vu, que vient de confirmer le discours ouvertement xénophobe de Mme Odette Lorougnon, une responsable de premier plan du FPI

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Laurent Gbagbo fut-il un démocrate ? 2ème partie

Laurent Gbagbo n’a pas combattu pour ouvrir la Côte d’Ivoire au multipartisme afin d’instaurer, pour de bon, la démocratie en faisant des trois principes cardinaux de ce régime les maximes suprêmes du pouvoir d’Etat et les lois de la politique en Afrique. Affilié idéologiquement au socialisme révolutionnaire nationaliste de type léniniste-stalinien, sa conversion à l’élection démocratique fut de nature opportuniste et tactique autant que stratégique. A défaut de la voie révolutionnaire qui n’est plus dans l’air du temps, l’élection démocratique fut pour Laurent Gbagbo  un moyen d’accéder légalement  au pouvoir pour installer une dictature de classe. Les massacres de masses perpétrées par ses milices et ses escadrons de la mort contre les catégories sociales désignées comme ennemis, accomplirent l’œuvre d’élimination des ennemis de classe  qui est inhérent au projet révolutionnaire du socialisme de type léniniste stalinien. Ce fut en même temps un travail d’éradication  qui satisfaisait le projet de purification ethnique contenu dans le nationalisme ethnique,  second visage sombre du national-socialisme du FPI. Fidèle à sa conception du peuple comme peuple ethnique, le combat « démocratique » révolutionnaire de Laurent Gbagbo a nécessairement accouché d’une dictature communautaire  désireuse de libérer la Côte d’Ivoire en la purifiant des concitoyens désignés comme étrangers.

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Laurent Gbagbo fut-il un démocrate ? 1ère partie

Au terme de l’audience du 28 Février 2013, à la Haye, devant les juges de la Cour Pénale Internationale Laurent Gbagbo avait répété sa profession de foi de démocrate pour contester son inculpation : "Toute ma vie, j’ai lutté pour la démocratie." avait-il déclaré.

Faut-il croire Laurent Gbagbo? Laurent Gbagbo est-il le père de la démocratie ivoirienne comme il le soutient ? Est-il l’un des premiers démocrates africains dont l’incarcération à la CPI constitue à ce titre un scandale absolu comme se plaisent à le soutenir ses supporteurs qui en font même une icône du panafricanisme et de l’anticolonialisme.

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Le front républicain comme impératif politique en situation de crise.

L’exemple de la France et de la Côte d’Ivoire

Le succès du front républicain contre le Front National (FN), en France, aux élections régionales le  dimanche 13 Décembre dernier, nous interpelle en Côte d’Ivoire. Sous la forme du RHDP, le modèle du front républicain  fut, en effet, utilisé en Côte d'Ivoire en Décembre 2010 et récemment en octobre 2015. Comme en France, il a permis de sauvegarder la République et le vivre ensemble contre le nationalisme identitaire qui en menaçait les valeurs fondamentales. Réfléchir sur la spécificité de ce modèle politique s’avère donc indispensable pour continuer à préserver la République et la Démocratie en Côte d’Ivoire en affermissant leurs valeurs cardinales dans la conscience nationale.

Qu’est-ce en effet qu’un front républicain ?

Un front républicain est une union circonstancielle, ou une coalition durable, de partis politiques d’obédiences idéologiques différentes se revendiquant toutefois des valeurs de la République qui sont aussi celles de la Démocratie : Liberté, Egalité, Fraternité. Cette union, ou cette coalition, est construite occasionnellement pour battre électoralement un parti qui se définit contre ces valeurs et menace la République.

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La pauvreté de masse en Afrique Noire, effet d’un système endogène de domination politique.

Les causes endogènes de la pauvreté en Afrique Noire. N°3.

En quoi consiste le dispositif fonctionnel des sociétés lignagères précoloniales ? Selon nous la pauvreté de masse, résulterait  de la transposition de ce dispositif dans les nouveaux modèles économiques postcoloniaux. Cette transposition obéit à un objectif politique spécifique qui explique sa résilience. La pauvreté de masse permet de maintenir la société sous la tutelle du pouvoir politique en Afrique Noire. Elle garantit la reproduction de l’ordre établi.  

Démontrons notre hypothèse par des données historiques concrètes. L’historien Olivier Pétré Grenouilleau (cf « Les traites négrières ») montre, en effet, que le dispositif socio-économique fonctionnel des sociétés africaines du passé se caractérisait par une séparation radicale politiquement déterminée entre une sphère d’autoconsommation villageoise et une sphère du grand commerce. Ce cloisonnement quasi étanche garantissait la survie de l’ordre lignager dans le contexte d’une économie de marché. La libre circulation du numéraire, risquant de provoquer dans la société des enrichissements personnels non contrôlés, les élites lignagères s’attachaient à restreindre la diffusion de l’économie marchande dans le reste de la société. Une accumulation personnelle incontrôlée du capital financier était en effet susceptible d’ouvrir la porte à une appropriation privée des sols et de conférer à leur détenteur un pouvoir politique à même de déstabiliser l’ordre établi.

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La contestation de l’éligibilité du candidat Alassane Dramane Ouattara par une faction de l’échiquier politique ivoirien est illégale et illégitime. 1ère partie.

L’appel au boycott de l’élection présidentielle par une frange dissidente du FPI, pour cause d’inéligibilité du candidat Alassane Dramane Ouattara, est illégitime et antidémocratique. C’est de la pyromanie politique. Cette incitation à la destruction des acquis politiques et économiques de la Côte d’Ivoire se situe en effet dans la continuité de la  politique  de la terre brûlée engagée par des entrepreneurs politiques ivoiriens en lutte depuis une quinzaine d’années pour installer, contre la volonté des populations, un Etat communautaire en Côte d’Ivoire.

A un mois de l’élection présidentielle de 2015, le masque est donc tombé. L’argument du boycott de la présidentielle pour vice de procédures portant sur la composition de la CEI et la nomination du Président de la Cour constitutionnelle, qui n’était à la vérité que le camouflage d’un combat partisan douteux, a cédé la place à l’argument de l’inéligibilité d’un candidat dit d’origine étrangère, argument central du nationalisme communautaire anti-démocratique.

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La démocratie libérale à l’épreuve en Afrique Noire.3ème partie. Les enseignements du modèle japonais.

Les enseignements du modèle japonais.

 Dans les pays de tradition holiste,  où la dynamique de l’histoire a imposé la démocratie libérale en qualité de régime politique   à un moment donné, un certain volontarisme progressiste patriotique  des élites est nécessaire pour s’en approprier l’esprit. Ce choix pragmatique ne signifiant guère capitulation politique et acceptation passive d’une acculturation étrangère, cette indispensable appropriation de la dimension substantielle de la démocratie libérale permet de mettre les potentialités émancipatrices de ce régime au service des besoins spécifiques de la nation. Le volontarisme démocratique modernisateur de l’élite japonaise de l’ère Meiji et bien plus tard, de la période d’occupation américaine qui a vu la modernisation du Japon,  constitue un exemple historique de cette réappropriation culturelle féconde d’un apport étranger. Cette modernisation s’opéra par le haut et fut le fait des élites qui, tout en en préservant l’identité culturelle du peuple japonais, adoptèrent la démocratie libérale et les techniques occidentales et procédèrent à une refonte globale des structures du pays pour le mettre au niveau des impératifs des temps nouveaux.

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Les sources endogènes du paupérisme des populations en Afrique Noire. 1ère partie

Les « étrangers » boucs émissaires d’un système endogène de domination.

Dans la plupart des Etats d’Afrique Noire, l’une des anomalies qui sautent aux yeux de l’observateur étranger est le paupérisme du plus grand nombre et la concentration scandaleuse de la richesse financière et du pouvoir économique dans les mains de la classe politique et des familles dirigeantes. A l’ère du triomphe de l’économie libérale et de la démocratie censées se conjuguer pour promouvoir l’intégration socio-économique et politique sans discrimination de la population, la désintégration sociale et les inégalités s’accentuent paradoxalement en Afrique noire. Malgré les forts taux de croissance économiques constatés en plusieurs Etats, ces maux semblent s’approfondir sur fond de séparatisme et de désintégration des Etats postcoloniaux. On est frappé par la contradiction constituée par la coexistence du paupérisme du plus grand nombre avec une inventivité créatrice populaire qui semble donc étouffée ou à tout le moins gaspillée.

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Réflexion critique citoyenne sur les dangereux propos d’Abdoudramane Sangaré

Le lundi 16 mars 2015, Abdou Drahamane Sangaré, le bras droit de Laurent Gbagbo, a tenu les propos suivants au cours d’une réunion avec l’organisation des femmes du parti : « Je suis un Gbagbo ou rien ». Laurent Gbagbo « n’est pas un nom, c’est un comportement, un idéal, des valeurs ». Il avait récemment justifié son combat pour la présidence par intérim du FPI contre Affi N’guessan par cette phrase : « Reprenons le FPI authentique et originel. Un FPI qui n’est pas dans la compromission et le compromis de toute sorte ».

Les propos de ce personnage important du FPI, et donc de la coalition de l’opposition qui compte présenter une ou plusieurs candidatures à la présidentielle d’Octobre 2015, ne sont pas anodins. En cette période pré-électorale, où la coalition de l’opposition s’illustre par la vacance et le flou de son programme politique, il importe de décrypter les phrases énigmatiques prononcées par celui qui a été surnommé « le gardien du temple » du FPI. Il faut, en cette analyse des propos de Abdou Drahamane Sangaré, faire ressortir les prises de positions politiques personnelles et partisanes implicites qui se dissimulent derrières les emphases. Il faut dévoiler et déconstruire les représentations du politique qui cachent un programme de gouvernement inavoué parce que dangereux et mortifère.

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