Général Michel Gueu vs général Dogbo Blé Bruno : Honneur contre déshonneur…. Article publié le: 12 Octobre 2012  0

Article publié le: 12 Octobre 2012 – Auteur: Dr Alexis Dieth. – Source: Lebanco.net

Justice vient d'être rendue. Et l'exemplarité de la juste condamnation du pilier sécuritaire du régime Gbagbo qui a conclu sa carrière par l'assassinat crapuleux et symbolique d'un autre officier supérieur de l'armée recentre l'attention sur la problématique de la restauration de l'esprit républicain au sein de l'armée ivoirienne. Car en dépit de la criminalisation de l'armée par le précédent régime, l'histoire montre, à travers les choix antinomiques des deux chefs des gardes républicaines les années 2000 à 2011, que la servilité et le déshonneur ne triomphèrent jamais de l'esprit républicain et de l'honneur militaire dans le haut commandement. Au terme du verdict de la justice, il n'est pas inutile de jeter brièvement un regard rétrospectif sur les moments de cette bataille durant les années de sang et feu qui s'échelonnèrent de 1999 à 2011 pour justifier l'espoir du peuple ivoirien en son armée.

Depuis le début de l'histoire de la dictature de Gbagbo, les caractères antinomiques du général Michel Gueu et du général Dogbo Blé Bruno, tous deux commandants des gardes républicaines respectivement sous le général Guéi et sous Gbagbo, s'étaient traduits par des engagements contradictoires spécifiques. Ces deux types de caractère se sont constamment livrés bataille sur le terrain symbolique du combat de l'honneur, du respect et du service du peuple contre celui du déshonneur, du mépris et de l'asservissement du peuple. Commandant de la garde républicaine chargé de la défense du palais présidentielle en 2000, le général Michel Gueu refuse de faire ouvrir le feu sur la foule des manifestants que le général Dogbo Blé Brunot qui a déjà pris fait et cause pour Gbagbo fait avancer devant ses chars en guise de chair à canon ! Prêt à faire massacrer la foule des manifestants pour hâter la prise du pouvoir d'un compatriote ethnique auquel il fera une allégeance personnelle et pour lequel il était prêt à tout au détriment de son devoir envers la République, son attitude tranche avec celle du général Michel Gueu. Gardien des institutions de la République, le commandant de la garde républicaine Michel Gueu convainc le général Guéi d'abandonner le pouvoir au profit de Laurent Gbago pour sauver le pays et préserver l'intégrité de l'Etat ivoirien. Ici l'authentique serviteur de la République se distingue clairement de l'imposteur, qui dans les conditions similaires de révolte populaire en 2010-2011 au terme d'une élection présidentielle, restera fidèle au candidat-président mauvais perdant et n'hésitera pas à faire massacrer la foule des manifestants lors de la marche sur les bâtiments de la télévision nationale, à faire ouvrir le feu aux obus anti-char sur des femmes à Abobo et à soutenir le saccage du pays jusqu'à sa capture dans sa garçonnière du quartier du plateau à Abidjan où il s'était réfugié au terme de l'amok qu'il avait dirigé ! Pilier sécuritaire du régime aux premières heures de sa dérive totalitaire et meurtrière aux côtés du sinistre parrain des escadrons de la mort, le commandant Anselme Séka Yapo, le général Dogbo Blé n'eut pas le courage de résister à Gbagbo pour répondre au devoir de sauvegarder l'intégrité juridique et morale de la République. Sous leur ombre menaçante le général Mangou fera ouvrir le feu à la mitrailleuse sur les manifestants du RHDP lors de la tentative d'occupation de la télévision nationale après les élections présidentielles. La défense de l'intégrité territoriale dans l'ouest et le sud-ouest du pays envahis par les miliciens ensauvagés du Libéria convoyés en nombre par Laurent Gbagbo reviendra au serviteur de la République le Général Michel Gueu dont la fidélité s'est toujours adressée au pays au moment même où Dogbo Blé Brunot consacrait la sienne à la personne de Gbagbo.

Poudrière..

Lorsque dans la suite logique de son engagement pour la défense de la République le général Michel Gueu se trouve aux côtés du nouveau président légitimement élu par le peuple ivoirien à l'hôtel du golf, le général Dogbo Blé Brunot séquestre le palais présidentiel au profit de Gbagbo en le transformant en poudrière pour soutenir le braquage électoral perpétré par ce dernier et pour empêcher l'investiture de celui auquel le peuple a confié la régence de son destin ! Le général Michel Gueu met sa science du combat au profit de la défense de la légalité républicaine. Le général Dogbo Blé Brunot met la sienne au profit du viol et de la destruction de la légalité républicaine. Lorsque l'émotion dans la voix, le général Michel Gueu avec la conscience de l'officier supérieur qui sait que les armes d'une armée ne doivent pas servir à tuer son propre peuple, essaie de déterminer la nature des armes qui ont servi à perpétrer le massacre des femmes d'Abobo pour identifier les auteurs, le général Dogbo Blé se tait et organise le camouflage qui va permettre de nier les responsabilités. Lorsque les milices du régime Gbagbo ensanglantent le pays livré à la furie des mercenaires libériens et que, sous la direction des généraux Michel Gueu et Soumaïla Bakayoko, les commandants de la résistance républicaine aidés par les forces internationales de l'ONU, luttent pied à pied pour rétablir la légalité républicaine et restaurer l'intégrité territoriale, le général Dogbo Blé organise l'enlèvement et l'assassinat crapuleux d'honnêtes et paisibles opérateurs économiques étrangers à Abidjan ! Si l'honneur républicain du général Michel Gueu se traduit par la force tranquille mais aussi par l'angoisse et le souci de l'officier supérieur qui doit être constamment à la hauteur de la défense de la République, le déshonneur de l'officier qui a failli à son devoir se traduit bien souvent par la sérénité et l'imperturbabilité de la crapule au coeur endurci dont les yeux ne cillent pas devant le crime et devant le mensonge qui va servir à le dissimuler !

La sérénité et l'imperturbabilité que le général Dogbo Blé Brunot affichait il y a quelques jours devant le tribunal d'Abidjan, étaient-elles celles de l'officier supérieur qui n'avait rien à se reprocher ayant conscience d'avoir fait son devoir de soldat dans la défense de la République ? Etaient-elles plutôt celles du criminel endurci, de l'officier qui a failli à ses devoirs et auquel fait défaut le courage d'affronter en face les démons qui le hantent ? Keitel dont Dogbo Blé Bruno est l'avatar ivoirien eut la décence de balbutier quelques regrets devant le tribunal de Nuremberg et eut le courage d'affronter la mort au pied de l'échafaud de la justice. Devant le tribunal d'Abidjan Dogbo Blé Brunot n'a eu ni la décence du repentir ni le courage de reconnaître les crimes innombrables dont il est accusé.

Dr Alexis Dieth.

 

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