La synergie entre opposition et gouvernement en démocratie.  0

Le régime de démocratie pluraliste se caractérise par la synergie entre le gouvernement et l’opposition, entre un pouvoir et un contre-pouvoir qui s’affirment et se confirment réciproquement dans l’intérêt général et le bien commun de la cité. L’opposition, le contre-pouvoir démocratique, est le partenaire du gouvernement, du pouvoir et réciproquement.

L'opposition est dans le régime de démocratie pluraliste, un contre-pouvoir qui s’affirme comme tel en reconnaissant le gouvernement. Il n'existe pas d'opposition sans gouvernement et de gouvernement sans opposition. Il n'existe pas de contre-pouvoir sans pouvoir et de pouvoir sans contre-pouvoir.

Le contre-pouvoir a besoin du pouvoir pour s'affirmer et, réciproquement, le pouvoir a besoin du contre-pouvoir comme garde-fou.

Un parti d’opposition qui, obéissant à des stratégies d’appareil, refuse de jouer son rôle de contre-pouvoir autrement dit de garde-fou, cautionne l’arbitraire du pouvoir et se définit comme serviteur d’intérêts particuliers contre l’intérêt général de la cité.

En s'affirmant comme contre-pouvoir, et en consentant à jouer son rôle aux termes du suffrage universel, un parti minoritaire se définit comme serviteur de l'intérêt général et du bien commun.

 Un parti d’opposition confirme son aptitude au gouvernement, à l'exercice du pouvoir d'Etat, à travers son action de contre-pouvoir, d’interpellation, de surveillance et critique constructive. Pareillement, une majorité de gouvernement se définit comme serviteur de l'intérêt général et du bien  quand il respecte son opposition, réagit positivement à la pertinence des interpellations de cette dernière, et justifie argumentativement ses actes.

C'est pour cela qu'un gouvernement, un pouvoir qui ne reconnaît pas son opposition se nie lui-même et s'autodétruit. De même,  une opposition qui ne reconnaît pas le gouvernement de son pays s'autodétruit et se nie elle-même.

La légitimité démocratique de l'opposition est conditionnée par le fait qu'elle reconnaisse le gouvernement. De même, la légitimité démocratique du gouvernement est conditionnée par le fait qu'il reconnaisse l'opposition. Ces deux pôles du système politique démocratique se constituent réciproquement.

Les partis politiques qui ne reconnaissent pas cette relation dialectique constitutive de l'architectonique des pouvoirs dans le régime de démocratie pluraliste ne sont ni démocratiques, ni républicains.

Un parti d'opposition, dans un régime de démocratie pluraliste consacré par des élections régulières internationalement reconnues, qui refuse de reconnaître le gouvernement, le stigmatise comme étant une entité extérieure à la société, le désigne comme ennemi public, tombe dans le populisme qui est une pathologie.

 Quand il refuse de discuter avec le gouvernement, refuse le compromis et s'engage dans un rapport de force militaire en vue de le renverser, quand il se définit dans une logique de guerre et d'anéantissement du gouvernement, il se nie comme parti politique et a fortiori comme parti d'opposition.

Cette logique anti-politique interne métamorphose ce parti en section d'assaut, en bataillon militaire. Elle transforme ses cadres dirigeants en officiers et en sous-officiers, et ses militants en soldats. Ce parti militarisé assimile l'affrontement politique à un champ de batailles et de tranchées, à un no man’s land traversé de tirs mortels.

Le réductionnisme militariste de la politique nie la démocratie, amène les partis d'opposition à assimiler le gouvernement à une dictature, à récuser le suffrage universel, à refuser le débat contradictoire, la discussion et le compromis qui sont les marqueurs de la démocratie, à considérer la discussion comme une traîtrise, une trahison et une capitulation.

 

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