L’autonomie de la pensée, source de la souveraineté du peuple en démocratie et bastion imprenable contre la désinformation.  0

L’autonomie de la pensée, la capacité de la personne à penser par soi-même, à être l’auteur absolu de ses choix, est le fondement ultime de la démocratie. Cette autonomie de la pensée, cette efficience de l’esprit critique est la condition ultime de la souveraineté du peuple.

Etre autonome et donc souverain c’est prendre de la distance critique par rapport à soi-même et aux divers déterminismes externes. Cette aptitude à la distanciation critique, considérée comme aptitude spécifique de l’être humain,  est le fondement de la Liberté et la condition de l’Egalité. Elle constitue le peuple comme entité morale et politique.

Un peuple est souverain quand il est apte à opérer ses choix in foro interno par lui-même indépendamment de toute contrainte externe, à choisir ses dirigeants en les mesurant à l’aune de sa propre raison, et des besoins ultimes qui lui permettent d’exister pleinement comme corps politique.

 Un peuple n’est pas souverain quand il existe dans l’hétéronomie de la pensée. Il n’est pas souverain quand il cherche ses références ultimes et ses vérités dans des puissances et des forces externes et non pas dans l’autorité de ses propres valeurs définis par lui-même in foro interno.

Il n’est pas souverain quand il opère ses choix à partir des prescriptions et des mots d’ordre des appareils partisans, des médias nationaux ou internationaux souvent caporalisés par les systèmes de pouvoir et de domination au lieu d’évaluer la légitimité de ces prescriptions et de ces mots d’ordre à partir des exigences de sa raison et de sa conscience.

Une société dont les individus sont incapables d’autonomie, sont dénués d’esprit critique, pensent, croient, agissent à partir des prescriptions venant de l’extérieur ne peut être une société démocratique. Une telle société existe dans l’hétéronomie.

Une telle société, quoique politiquement indépendante dans l’histoire, est prisonnière d’elle-même et des logiques d’extraversion qui la livrent aux forces externes  de domination dont les plus redoutables sont celles de ses propres membres.

Il importe de développer en Afrique la  capacité des personnes à penser et à choisir par elles-mêmes indépendamment de toutes contraintes externes. Il importe d’affirmer cette culture de l’autonomie individuelle qui rend libre, qui sert à construire la citoyenneté, à bâtir la Nation démocratique  et à soutenir les politiques démocratiques visant l’égalité de conditions des citoyens.  

Il importe de planter ce pilier de soutènement de la démocratie au cœur de nos sociétés africaines encore dominées par l’esprit de clan et de tribu, par le suivisme et marqués de ce fait par l’hétéronomie. Il importe de faire scintiller cette condition de la liberté individuelle et collective au cœur de nos sociétés marqués par le contrôle communautaire qui désapproprie l’individu et le soumet au contrôle et à la tutelle des appareils et des systèmes de pouvoir, de prédation et de domination.

En Côte d’Ivoire l’offensive des réseaux de la désinformation, de l’intoxication psychologique, de la manipulation de l’opinion publique opérant pour le compte des systèmes de pouvoir, rend plus que vitale cet éveil de la conscience critique et cette vigilance de la raison personnelle. Il y va de la souveraineté du peuple Ivoirien, garantie ultime de la paix civile et de la légitimité des élus et des gouvernements.

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