Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire : se garder de la confusion des repères.  0

Les municipales d’octobre 2018 furent en Côte d’Ivoire, un test grandeur nature préfigurant la présidentielle 2020. Les populations approuvèrent massivement la politique d’intégration nationale choisie et mise en œuvre par le gouvernement RHDP. Elles désapprouvèrent, par contre, le discours d’exclusion, les politiques de fragmentation et de division sociale portées par les tenants du nationalisme identitaire et du populisme. Il ne faut pas être amnésique. Le résultat des municipales d’Octobre 2018  devrait réguler les choix tactiques et stratégiques du RHDP.

Il s’agit de protéger contre des adversaires, l’intégrité d’un choix politique centriste de rassemblement et d’une méthodologie qui répondent à la demande majoritaire de l’électorat ivoirien. Cette offre est celle d’une coalition de conviction démocratique et républicaine.

Depuis l’échéance électorale  décisive d’octobre 2018, l’affrontement politique ivoirien  est clairement bipolarisé dans les faits  en dépit de son aspect obstinément personnalisé. Il faut prendre garde de ne pas brouiller les repères, de maintenir cette ligne de démarcation entre, d’un côté, des démocrates républicains soucieux de bâtir l’intégration nationale de la cité, de conserver son hétérogénéité et, de l’autre côté, des  identitaires populistes soucieux de la diviser, et de l’homogénéiser communautairement.

Le choix majoritaire du peuple ivoirien conscient de soi s’est régulièrement depuis 2010 régulièrement porté sur les représentants de l’unité démocratique et républicaine de la cité. Cette offre politique de nature sociale répond aux demandes majoritaires de la société ivoirienne. Les municipales d’Octobre 2018 ont démontré que la demande sociale a prévalu les attachements communautaires.

Le RHDP ne devrait donc pas se laisser entraîner dans le piège communautariste de l’antipolitique des chefferies et des coutumes. Cette offre qui est celle du FPI, du PDCI et du RACI est fondée sur l’opposition hostile entre les identités ethniques et l’Etat moderne. Elle est clairement rejetée par la majorité des ivoiriens qui la reprouvent.  

Il faut prendre garde à ce que des fractions et des partis décrédibilisés ne se recrédibilisent en parasitant stratégiquement la crédibilité politique du RHDP sans en partager la conviction républicaine et démocratique. Pire il faut prendre garde à que ces fractions et partis politiquement décrédibilisés  ne sapent la crédibilité du RHDP en le parasitant pour brouiller les repères de l’électorat.

Au risque de désorienter l'électorat, les considérations tactiques et stratégiques dans l'affrontement politique ne doivent pas entraîner la confusion des positions, le mélange des genres, le compagnonnage étrange des identitaires et des libéraux, des populistes extrémistes et des républicains centristes, des idolâtres du pouvoir et des démocrates.

 La tentation du clientélisme est, électoralement, une stratégie perdante. Au delà du noyau dur des militants toujours minoritaires, les électorats ne sont pas captifs. Ils demeurent mouvants, et ne sont retenus que par la conviction du discours, la clarté des choix politique, le pragmatisme rationnel et l'efficience pratique des offres. Il faut assumer ses positions, les défendre sans se renier.

Faire de la politique en démocratie implique de choisir son camp, de prendre parti, de défendre argumentativement ses positions. Le reniement disqualifie. La confusion sème le doute, sape la crédibilité, érode un électorat.

Toutes les alliances ne sont pas permises en démocratie.

En dépit des apparences dues à l'aspect personnalisé de notre affrontement politique, les positions des protagonistes, telles qu'elles transparaissent dans leurs thématiques, dans leurs discours et leurs actions sont claires et évidentes. Ils se doivent donc de les assumer. A n'y prendre garde certains revirements surprenants peuvent sous-tendre  des motivations de diversion. Ils peuvent obéir à la stratégie des chevaux de Troie et à celle de l'exploitation saprophyte du crédit politique d'une coalition gagnante. En ces temps troublés les électorats ont besoin d'une boussole et de la précision tranchante d’un cap partisan obstinément poursuivie sans louvoiement.

 

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