PRESENTATION DU LIVRE DU PROFESSEUR DIBI KOUADIO AUGUSTIN par le Sénateur Coffi Michel Benoît.  0

Coffi  Michel Benoît.

Sénateur RHDP.

Membre du Conseil Politique du RHDP.

 

Le RHDP, l’acronyme qui fait couler tant d’encre et de salive et suscite autant de passion au sein de la famille des Houphouétistes depuis cette Assemblée générale constitutive du 18 juillet 2018, n’a pas encore fini de nous révéler toute l’étendue de son champ sémantique.

En vue de renforcer la lisibilité des adeptes de ce mouvement mué en parti politique, le Professeur DIBI Kouadio Augustin, en cette année 2019,  gratifie les militants de ce parti et les lecteurs ivoiriens d’un appel à travers lequel la rigueur scientifique du philosophe-enseignant le dispute à la saveur littéraire de l’écrivain soucieux de joindre l’utile à l’agréable, dans un ouvrage que je voudrais ranger dans la catégorie des réflexions philosophiques.

J’ai accepté,  non sans appréhension, moi qui ne baigne pas dans le milieu universitaire où se trouvent tant de personnes doctes capables de faire mieux que moi, j’ai accepté, dis-je, de présenter l’œuvre du professeur DIBI pour deux raisons :

● La première est que je me fais l’obligation de m’acquitter d’un devoir : Celui de répondre à l’amitié dont il m’honore en me demandant de me soumettre à  l’exercice périlleux de présenter cet ouvrage de son cru, qui porte haut et loin la réflexion théorique sur la philosophie houphouétiste et le RHDP.

● La deuxième raison de ma décision, c’est qu’à dire vrai, le Pr DIBI Kouadio Augustin et moi partageons la même passion, voire le même idéal : nous sommes au nombre des admirateurs et disciples du Président Félix Houphouët-Boigny à qui nous vouons tous les deux un culte fervent, même près de 25ans après la disparition du patriarche de Yamoussoukro qui a forgé la personnalité de générations entières d’Ivoiriens.

 L’houphouétisme est donc notre dénominateur commun, aussi ne puis-je m’empêcher de lui apporter mon soutien lorsqu’il entreprend intellectuellement de consolider par la pensée, une entreprise (le RHDP), à laquelle nous avons contribué et que nous portons dans notre cœur et dans notre esprit.

Dans une correspondance que je lui ai adressée récemment, j’ai dit au professeur DIBI qu’il était en train de construire la superstructure idéologique du RHDP et que cette formation politique a bien besoin d’intellectuels de sa carrure pour asseoir la base idéologique qui sous-tend l’action politique conduite par le président Félix Houphouët-Boigny et poursuivie par l’un de ses plus illustres héritiers, le Président Alassane OUATTARA dont il dit ce qui suit (p. 18 & 19)  en des termes à la fois admiratifs et   élogieux : « Comment ne pas reconnaître que le Premier Ministre Alassane Ouattara, cet homme que l’on a traité de tous les noms, qui a tout enduré dans le silence de son cœur, dont on a même osé profaner la tombe de la mère, appartient à cette classe assez rare d’êtres que la Providence sait protéger et mettre en réserve pour les temps de détresse ?… N’est-ce pas d’un tel homme qu’a besoin la Côte d’Ivoire pour qu’elle puisse, à nouveau, se tenir debout » ?   

Quand j’ai lu l’ouvrage du Professeur DIBI, je me suis souvenu d’une pensée maintes fois répétée par le Président Félix Houphouët-Boigny. Elle disait à peu près ceci : « Il y a deux hommes qui n’ont jamais écrit de livres mais qui sont les auteurs les plus lus au monde : Jésus et Mahomet ».

Avec son sens de l’anticipation et sa vision historique hors du commun, le Président Félix Houphouët-Boigny savait que son immense œuvre serait poursuivie par ses héritiers, que sa profonde philosophie serait reprise et commentée par des disciples éclairés. Le Professeur DIBI Kouadio Augustin est l’un de ces disciples-là. Mais qu’est-ce que le RHDP selon le Professeur DIBI dans son œuvre intitulée, Le RHDP, un beau cadeau de l’amitié du destin en souvenir d’un bâtisseur ?

Comme il le définit lui-même, (p.22) le RHDP est « l’esprit du président Houphouët-Boigny venu se saisir de ceux qui se reconnaissent en lui afin que ce qu’il a semé soit sauvegardé et porté plus loin… »

Le Professeur DIBI Kouadio Augustin plaide en quelque sorte pour une adhésion de tous les houphouétistes au RHDP, parti politique qu’il considère comme l’aboutissement logique de l’houphouétisme et la réalisation du PDCI-RDA en son essence accomplie, pour parler comme lui.

Pour en revenir au corps de l’ouvrage, je vais vous en exposer l’architecture telle que l’a conçue son éditeur, non sans rappeler pour notre compréhension que l’œuvre est un appel au rassemblement et à la cohésion dans le RHDP en tant que finalité d’une philosophie et d’une action politique, depuis le Président Félix Houphouët-Boigny jusqu’à ses derniers grands héritiers.

L’ouvrage est composé de trois parties, dont la première est subdivisée en quatre chapitres, et les deux dernières en trois chapitres, chacune.

PREMIERE PARTIE

« Penser pour initier » (comporte quatre chapitres)

Chapitre I   « La pierre rejetée par les bâtisseurs devenue angulaire »

Chapitre II  « A leurs fruits vous les reconnaîtrez »

Chapitre III « Pour une consolidation du RHDP »

Chapitre IV « Porter la vue au loin, en souvenir du Président Félix Houphouët-Boigny »

DEUXIEME PARTIE

« Bâtir pour habiter » (Comporte trois chapitres)

Chapitre I   « Le RHDP, un beau cadeau du destin tombé parmi les plantes épineuses »

Chapitre II  « Le RHDP un hommage au Président F. Houphouët-Boigny »

Chapitre III « Le PDCI-RDA, un temple désormais sans sanctuaire ».

 

TROISIEME PARTIE

« Créer pour offrir » (Comporte trois chapitres)

Chapitre I   « Le PDCI-RDA, comme une montre cassée »

Chapitre II  « Le RHDP comme le PDCI en son essence accomplie »

Chapitre III « En marche avec le RHDP vers la patrie de la vraie fraternité».

Pour comprendre les phénomènes, l’esprit humain se projette en ceux-ci pour les restructurer de manière à les rendre intelligibles, à sa manière.

Ainsi, par commodité plutôt que par souci de rigueur pédagogique, j’ai subdivisé l’ouvrage du Professeur DIBI en trois principaux mouvements.

A/ Dans le premier mouvement, que j’appellerais le RHDP primordial ou RHDP mouvement politique, le Professeur DIBI traite de ce RHDP dans toute la 1ère partie du livre jusqu’au chapitre II de la 2ème partie.

Ce RHDP est celui du consensus, du rassemblement et de la cohésion.

Dans un enthousiasme émouvant, il s’est formé en mai 2005 sur les bords de la Seine à Paris. C’est ce RHDP qui permet au Professeur DIBI de reconnaitre le rôle important joué par le Président Bédié en ces termes : (p.21 à 22) « Le moment n’est-il pas venu d’ouvrir vraiment les yeux, de dormir la lune dans un œil et le soleil dans l’autre, pour parler comme Paul Éluard ? Sur ce point n’importe-t-il pas de saluer de la manière la plus convenable la hauteur et la noblesse d’âme du président Bédié, ayant appelé le rassemblement des Houphouétistes à voter, au second tour, le Premier ministre Alassane Ouattara » ? 

Ce mouvement du RHDP est un double hommage. Le premier à l’endroit des fondateurs de ce mouvement salutaire à tous égards ; le second à titre posthume au Père-Fondateur dont le RHDP est la réhabilitation de la philosophie d’action érigée en dogme, à l’attention de ses héritiers.

 

B/ Le deuxième mouvement de l’histoire du RHDP tel que l’ouvrage du Professeur DIBI nous donne de percevoir, c’est celui du RHDP de la cassure ou du refus de la direction du PDCI-RDA de franchir le pas qui permette à la graine (PDCI-RDA) de mourir pour voir naitre une nouvelle plante, le RHDP.

A ce propos le professeur DIBI dit précisément ceci : (p.47) « Nous savons tous d’expérience que le grain de maïs enfoui dans la terre ne demeure pas infiniment grain de maïs, mais qu’il subit une transmutation par quoi est libérée une tige qui produira des épis en abondance. De même, l’enfant qui naît ne demeure pas éternellement enfant : sa vérité est de grandir, d’aiguiser sa manière d’être au contact des autres et de se former en se nourrissant d’idéaux éthiques afin de devenir un homme responsable ».

De ce RHDP de la rupture, le professeur DIBI Kouadio Augustin dira encore : (p.46) « N’y a-t-il pas quelque chose comme une inélégance logique, une dissonance à parler d’Alternance, si l’on tient vraiment à la venue au jour d’un parti rassemblant, dans une synthèse heureuse et chaleureuse, les membres épars de la diffraction d’une identité d’origine » ?  Ou encore : (p.77) « Le PDCI-RDA comme une montre cassée ».

Ici, le Professeur DIBI critique sans ménagement l’attitude de certains dirigeants du PDCI-RDA qui refusent d’aller jusqu’au bout du processus amorcé, en refusant de considérer le RHDP comme le PDCI-RDA et l’houphouétisme en  leur essence accomplie. Et pourtant, n’est-ce pas de ce RHDP, étape ultime de la belle aventure houphouétiste que parlent certains hauts dirigeants, tel que le Président du Sénat ivoirien, Monsieur AHOUSSOU Kouadio Jeannot, lorsqu’il affirme que le RHDP « c’est le PDCI-RDA en plus grand, plus fort, plus beau et plus conquérant » ?

Poursuivant la réflexion, le professeur DIBI interroge (p.69) : « Un enfant dont l’intelligence est éveillée pourrait poser à ses parents les questions suivantes : le pouvoir actuel conduit-il mal les affaires du pays ? Ne sentons-nous pas depuis quelques années une embellie des choses ? Pourquoi changer d’attitude et trouver subitement des vertus à des personnes que l’on a rejetées, au point de penser initier avec elles une plateforme de collaboration » ?

  Traitant de ce RHDP de la cassure et de la nécessité de pousser le PDCI-RDA jusqu’au midi absolu de sa vérité, pour parler comme le professeur DIBI, il convient de noter le réflexe de l’enseignant qui, conscient de la vertu pédagogique de la répétition, en use à loisir. Convaincu que le PDCI ne doit pas avoir une entité figée mais doit être une réalité vivante et évolutive au sens dialectique, l’écrivain-philosophe-enseignant n’hésite pas à se répéter, afin de s’assurer que son message sera bien perçu par ses lecteurs. Par exemple, aux pages 48 et 81 du livre, M DIBI Kouadio Augustin  exprime une préoccupation en des termes presqu’identiques.

  • P 48, « Le président FHB n’a pas mené, toute sa vie durant, un combat pour nous léguer en héritage un fétiche, une idole car, alors dans ces conditions, nous n’aurions plus qu’à nous asseoir sur un trépied pour proférer des oracles ! L’important n’est pas le nom d’une formation politique, mais l’idéal visé à travers ce nom ».
  •  P 81, « Le premier bâtisseur de notre pays ne peut se réjouir d’avoir pour enfants des héritiers, prisonniers du fétichisme d’un sigle porté à l’absolu, considéré comme un trépied sur lequel il faut s’asseoir pour proférer des oracles et attendre des signes provenus d’une antique divinité, sans aucune attention aux exigences du présent et de la modernité. Le président FHB avait le sens de la dialectique et du réel ».

Le professeur DIBI ne fait d’ailleurs aucun mystère de son choix pour la méthode itérative comme moyen pédagogique privilégié. N’est-ce pas l’expression de l’usage de ce procédé didactique lorsqu’il prévient : (p.9) « Dans leur successivité et leur linéarité apparentes, ces articles (ceux dont se compose le livre) font cercle. Ils gravitent autour d’une intuition fondamentale : le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix »

Le cercle dont parle le professeur DIBI n’est-il pas le symbole de ce qui revient sur lui-même dans un mouvement cyclique, dans une quadrature parfaite ? Bref, le professeur DIBI est un Enseignant, qui oserait lui dénié l’usage du mode de communication le plus approprié en matière de transmission et d’acquisition du savoir, la répétition ?

En tout état de cause, le professeur DIBI refuse de croire en l’irréversibilité de la rupture. Il exprime ce sentiment à la page 72 quand il interpelle le Président Bédié en ces termes : « Le Président Bédié ne peut oublier qu’il a contribué à l’enfantement du RHDP dont il est le garant moral. Il sait que la beauté d’un tapis provient de la diversité de ses couleurs et qu’il nous faut ensemble tisser la trame des choses afin de pouvoir offrir à une nouvelle génération un horizon qui, loin de rétrécir, d’enchainer et d’obscurcir, élargit, libère et éclaire. La colombe retrouvera un beau matin le chemin du colombier afin de n’avoir pas à trahir sa propre essence, son « Ethos ».

Par ailleurs, il faut souligner  que ce livre est aussi riche de références aux écritures saintes et de citations philosophiques : ex….   

Enfin le troisième mouvement que l’ouvrage du Professeur DIBI nous laisse percevoir et que je voudrais communiquer à travers cette présentation, c’est un nouvel appel au rassemblement. A ce stade de sa démarche, le philosophe DIBI Kouadio Augustin, après la thèse et l’antithèse, réalise la synthèse par un appel au rassemblement, au détour duquel il demande à ses lecteurs de percevoir l’essentiel du message houphouétiste en faisant fi de nos particularismes afin de mieux saisir la vérité majeure « qui est le midi absolu de l’aventure de notre nation ».

Ici encore, le Professeur DIBI et moi nous nous rejoignons dans la sagesse de Félix Houphouët-Boigny, qui nous demande de ne pas refermer la porte de la maison derrière ceux qui la quittent, afin qu’ils puissent y revenir quand ils en auraient envie.

Comment le Professeur DIBI et moi pourrions-nous agir et penser autrement, quand les dirigeants du RHDP au plus haut niveau s’inscrivent dans cette logique du Président Félix Houphouët-Boigny, qui consiste à ouvrir nos cœurs et la porte à ceux qui partent de la maison commune ?

En effet le Président Alassane OUATTARA, parlant du Président Henri KONAN BEDIE le désigne par « mon aîné », de même parlant de l’ancien président de l’Assemblée Nationale, il le désigne par l’appellation « mon fils ».

 Par ces termes pleins d’affection à l’égard de ces deux personnalités, le Président de la République ne nous indique-t-il pas qu’il s’inscrit dans la sagesse houphouétiste de laisser la porte ouverte ?

De son côté le Premier Ministre Amadou GON COULIBALY, lors de la cérémonie d’hommage au Président de la République le 10 août dernier à Toumodi, dans son adresse au président du conseil régional du Bélier, a dit sans ambages que M. YOBOUE Pascal était attendu au RHDP. 

Quant à vous M le Ministre Gouverneur RBM, est-il besoin de rappeler ici que vous vous inscrivez dans la droite ligne de cette vision houphouétiste de la porte ouverte et de la recherche inlassable du rassemblement ?

En effet, les missions de bons offices que vous effectuez dans la discrétion mais dont les échos nous parviennent tout de même, sont à notre avis, porteuses d’espoir car ces missions venant d’un homme de foi, il reste entendu que l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire, notre beau pays, finira par l’emporter.

Voilà pourquoi il faut approuver sans réserve, le bon ton utilisé par le Professeur DIBI qui, dans les dernières lignes de son ouvrage, fait admirablement preuve d’esprit de conciliation, en nous laissant penser  que ceux qui n’ont pas encore rejoint le RHDP peuvent toujours le faire  en emboitant le pas à de nombreux autres ivoiriens qui, sans avoir été des adeptes de la politique du Président Houphouet Boigny sont devenus aujourd’hui de fervents admirateurs de son héritage et des militants actifs de RHDP. La porte reste ouverte à tous. 

C’est de cette manière que nous serons fidèles à Félix Houphouët-Boigny et à ses idéaux de paix d’amour et de solidarité.

Vivement donc, avec le Professeur DIBI Kouadio Augustin, que le RHDP parle à nos cœurs et à nos esprits pour qu’ensemble, nous puissions bâtir la patrie de la vraie fraternité !  

COFFI Michel Benoît

Sénateur

Membre du Conseil Politique du RHDP

 

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