Présumée fin de mandat tumultueux, regrets, dictature, etc. : l’inconséquence des pro-Soro mise à nu.  0

Depuis que l’ex-PAN Guillaume Soro a quitté le perchoir, ses proches et soutiens ne se privent pas de petites phrases acidulées pour dire tout le bien qu’ils pensent du régime en place. Certains ne se gênent pas pour soutenir que Ouattara a échoué, quand d’autres affirment qu’on est ‘’en dictature’’ et d’autres encore qu’ils ‘’regrettent d’avoir porté Ouattara au pouvoir’’.

‘’Fin de mandat tumultueux, dictature’’ et bien d’autres amabilités. Les soutiens et proches de Guillaume Soro ne sont pas à cours de vocables et d’expressions dépréciatifs  pour qualifier le pouvoir dont ils étaient partie prenante, il n’y a pas très longtemps. Plus exactement, jusqu’au 08 février 2019, jour mémorable, s’il en est, qui a vu l’ancien secrétaire général des Forces nouvelles (FN) démissionner volontairement de la présidence de l’Assemblée nationale. Et depuis, les pro-Soro semblent avoir changé de lunettes. Tout se passe, de fait, comme s’ils retrouvaient tous leurs sens et qu’ils avaient vécu tout ce temps les yeux fermés et le nez bouché. Et pour cause, Guillaume Soro a attendu de quitter son poste de président de l’Assemblée nationale pour découvrir subitement et brusquement que le Nord du pays a été ‘’délaissé’’ et ‘’laissé-pour-compte’’ par le régime Ouattara. Il a fallu qu’il change de  bord pour qu’il se rende compte que la Côte d’Ivoire vit sous une dictature. Il a fallu, enfin, qu’il ne soit plus dans les bonnes grâces du RHDP pour qu’il réalise que Alassane Ouattara est ‘’injuste’’.

Quant à ses proches, ils n’y vont pas de main morte et donnent le sentiment, eux aussi, de s’être réveillés après le 08 février 2019. Ils donnent donc dans tous les sens et cognent le régime sans état d’âme, oubliant qu’ils ont porté aux nues ce même pouvoir dont ils disaient le plus grand bien. Le cas le plus emblématique de cette inclination est l’attitude du député Alain Lobognon. Très en verve  et offensif, il ne rate aucune occasion pour tirer à boulets rouges sur le pouvoir qu’il accuse de tous les péchés d’Israël. Faut-il revenir sur la question de la carte nationale d’identité (CNI) qu’il veut voir le gouvernement distribuer gracieusement aux requérants. Chiche ! Et dire qu’en 2012, alors qu’il était au ministère de la Promotion de la Jeunesse et du Service civique, Alain Lobognon n’a éprouvé aucun scrupule à demander aux jeunes de débourser 5000FCFA pour acquérir une carte dite jeune.

Alain  Lobognon n’avait éprouvé aucune gêne à demander aux jeunes de débourser 5000FCFA 

 Et c’est le même, toutes honte et dignité bues, qui plaide pour que la CNI qui est une carte plus importante (ô combien !), soit offerte gratuitement aux Ivoiriens. C’est d’une inconséquence ! Mais, ce cas est révélateur de la mauvaise foi qui habite désormais l’ancien PAN et ses proches engagés dans une logique outrancière et outragée de diabolisation que rien ne justifie sinon leur manque de cohérence. Puisque rien, fondamentalement,  ne contraignait Guillaume Soro à démissionner de son poste, d’autant qu’il l’occupait pour le compte et au nom du RHDP dont il se réclamait. Aussi, se demande-t-on, pourquoi, au moment il était question de transformer la coalition au pouvoir en parti unifié, il a cru bon de mettre en avant ses convictions présumées ? Où étaient-elles lorsqu’il était au RHDP ? A la vérité, Guillaume Soro a démissionné moins par conviction que par calculs politiciens. L’objectif étant de se porter candidat à la présidentielle 2020.

Or, avec le RHDP, il est douteux qu’il soit le choix de ce parti à cette échéance. Guillaume Soro a donc préféré se jeter à l’eau, au risque de se ‘’noyer’’. Mais, la réalité, c’est qu’il a surestimé ses forces. Il a pensé qu’il suffisait de quitter la présidence de l’Assemblée nationale pour faire son trou et se positionner comme un sérieux prétendant au fauteuil. Las ! Il a demandé à ses ‘’crusheurs’’ de lui apporter ‘’800 000 signatures’’ s’ils veulent qu’il soit candidat en 2020. Nul ne sait à combien de signatures il en est. Toujours est-il que si ce nombre avait été atteint, l’ex-PAN ne se serait pas fait prier pour l’annoncer urbi et orbi.

Nul ne sait à combien de signatures en est Soro

Cela dit, on ne peut manquer de dénoncer la propension des proches et soutiens de Soro à se renier avec tant de légèreté. Parce qu’il n’y a pas très longtemps, ils avaient les yeux de Chimène pour le président Alassane Ouattara et son régime. Et s’il est vrai qu’ils sont frustrés d’avoir été ‘’débarqués’’ de leurs postes, il est indéniable qu’ils ne sont pas exempts de reproches dans cette situation puisqu’ils ont fait montre d’une rare inconséquence en se livrant à des attaques en règle du régime alors qu’ils avaient encore les deux mains plongées dans la calebasse. Que voulaient-ils qui advint ? Tel est pris qui croyait prendre. Ils pensaient faire du tort au pouvoir en le critiquant vertement alors qu’ils y en étaient encore partie prenante, à commencer par leur champion           Guillaume Soro qui s’est livré à un exercice ‘’d’auto-flingage’’ quasi-inédit.

 En témoigne, surtout, l’épisode de la présidence de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) qu’il a disputée, pied à pied,  avec son successeur Amadou Soumahoro. Et pourtant,  il ne fait plus partie de la section ivoirienne de cette institution, conséquence de sa démission du perchoir. Mais, il n’en a pas moins fait mains et pieds pour occuper la présidence de l’institution.En vain. Il ne lui reste plus qu’à faire ce qu’il sait si bien faire depuis sa démission : dénigrer le pouvoir. Mais, il en faut plus pour ébranler le RHDP qui se met progressivement en ordre de bataille dans la perspective de 2020.

AMBROISE TIETIE

 

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