La courtoisie d’Alassane Ouattara envers Simone Gbagbo (2ième partie) : une leçon de civisme démocratique contre l’extrémisme politique en Côte d’Ivoire.  0

La courtoisie politique du Président de la République Alassane Ouattara envers l'ex-première dame Simone Gbagbo figure de proue du FPI de Laurent Gbagbo qui a toujours considéré le nouveau chef d'Etat comme un ennemi, délivre cette leçon d'exemplarité à la classe politique et au peuple Ivoiriens: c'est ainsi que doivent être traités les adversaires politiques qui ne sont pas des ennemis mais des partenaires dans l'œuvre de construction d'une Nation commune.

C'est une idée de l'affrontement politique en démocratie qui est ainsi donnée à voir au moyen  d’un exemple concret. C’est un schème pratique. L’adversaire politique, en démocratie, n’est pas un ennemi. C’est un partenaire.

L'opposition est l'arc-boutant du gouvernement dans l'architectonique du pouvoir démocratique. Les adversaires s'affrontent afin de corriger réciproquement leurs limites pour représenter et servir au mieux les intérêts du peuple souverain dans le système politique. Le bonheur de ce peuple est la raison d'être de la politique. Les partis et acteurs en sont les ouvriers subordonnés coopérant dans la division du travail politique selon une conception organique de la cité fondée sur l’interdépendance et la complémentarité des partis et de acteurs sociaux et politiques.

Chaque défaite doit, dans ce cas, être l'occasion d'un aggiornamento critique à travers lequel le vaincu s'interroge sur les raisons internes de sa défaite et cherche à corriger ses déficiences partisanes sans se défausser sur des tiers. Chaque victoire doit mettre le gagnant au défi de réaliser avec expertise et efficacité son programme qui reçut la majorité du suffrage du peuple. On gouverne pour servir le peuple en écoutant les interpellations de l’opposition qui n’exerce son office qu’en étant nécessairement constructive.

Telle est la civilité démocratique: une synergie d'acteurs politiques aux programmes différents et divergents qui se respectent réciproquement parce que chacun représente une catégorie sociale de la Nation et de la même patrie. Au dessus des intérêts partisans et des ambitions personnelles de pouvoirs des acteurs, trône l'intérêt général de la cité et le bien commun dont le pouvoir d'Etat est l'instrument et les acteurs politiques les serviteurs subordonnés.

Les considérations du Président de la République Alassane Ouattara envers l'ex-première dame sont un schème pratique de l’affrontement démocratique, un exemple concret qui présente un modèle de comportement.

Cette représentation normale de la politique convoque, dans un régime de démocratie pluraliste, les partis à s’interdire de voir dans les discussions, les négociations politiques et les  compromis requis entre un gouvernement et son opposition des stratégies de tromperies, de ruse et d’achat des conscience. Elle les oblige à s’interdire de considérer comme « traitres » et « vendus » les acteurs qui consentent à ces discussions, négociations et compromis.  Elle oblige ces partis à ne pas s'enfermer dans un boycott entêté en une position qui considère l'adversaire comme un ennemi.

L'idée du respect de l'adversaire politique, dont la considération envers l'ex-première dame vient de présenter spectaculairement l’exemple pratique, a toujours dicté le comportement du Président de la République. Elle a déterminé l'amnistie et la requête expresse de préserver la vie de Laurent Gbagbo.

Le marxisme frelaté du FPI qui le pousse, pulsionnellement, à définir le partenaire politique comme un ennemi de classe à renverser par la violence révolutionnaire, et dont il faut anéantir l'existence par une dictature, rend cette civilité démocratique impossible en ce parti. Cette hostilité politique native du FPI est redoublée par sa dérive vers l'ethno nationalisme, qui l'amène à refuser l'altérité, et à se définir dans un programme d'homogénéisation ethnique de la société, qui présuppose la guerre civile intercommunautaire et la lutte, à la vie et à la mort, contre un prétendu envahisseur étranger qui se trouve pourtant être bien souvent un compatriote.

Grevé par un ethno-nationalisme xénophobe de fond et par une vision patrimonialiste du pouvoir d’Etat, le PDCI d’Henri Konan Bédié s’est aussi toujours positionné dans l’hostilité, dans la logique de la guerre contre un ennemi qui lui disputerait le pouvoir. Incapable, de ce fait, de se définir comme partenaire d’une alliance programmatique pérenne, il a considéré le RHDP comme un faux nez du RDR qu’il a toujours assimilé au parti de l’étranger.

N’ayant vu dans la coalition RHDP depuis 2004 qu’un dispositif stratégique de récupération patrimonialiste  du pouvoir, il a été indifférent à la signification symbolique du pont qui conférait à son chef le statut prestigieux  de sage de la Nation. Mettant les intérêts particuliers et les ambitions de pouvoir de ses dirigeants au dessus de l'intérêt général et du Bien commun, il mobilise à nouveau à l’occasion de la présidentielle 2020 comme dans les années 1990, les thématiques identitaires de la lutte contre un envahisseur étranger.

 Ce faisant, le PDCI et le FPI, semble s’être situés  depuis ces années à l’opposé des représentations idoines requises par l’affrontement politique dans une démocratique et avoir de ce fait besoin d’un schème pratique, d’un exemple éclairant  pour s’y convertir.

 On peut espérer que la leçon magistrale de civisme démocratique qui vient d’être délivrée aux  dirigeants du FPI et du PDCI, par le Président de la République à travers les égards et considérations dues à l'ex-première dame leur soit accessible afin que puisse être révolutionnée, de fond en comble, leur manière de comprendre et de faire la politique dans la démocratie pluraliste ivoirienne.

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