Ne pas perdre de vue le cap de la démocratie républicaine pluraliste en Côte d’Ivoire.  0

Que pourrait apporter de plus à notre pays, en matière de bonne gouvernance politique économique et sociale, ainsi qu’en matière d’amélioration des conditions de vie des populations, la « coalition » hétéroclite et incohérente qui se reconstitue en ce moment, sous un modèle à la fois communautaire et stalinien, pour tenter d’enferrer le front républicain RHDP ?

Que pourrait apporter de plus, en matière de démocratie républicaine pluraliste, cette « coalition » de triste mémoire qui se reconstitue sous les signes de la conception royaliste et autocratique du pouvoir ?

Quel programme économique, quel projet sociétal cette « coalition » propose-t-elle à la Côte d’Ivoire qui serait devenue selon elle un « enfer » ? Quel modèle de redistribution propose-t-elle aux Ivoiriens ? Comment les acteurs de cette coalition comptent-ils articuler la paire investissement/redistribution ?

Que proposent-ils en matière d’intervention de l’Etat pour corriger les effets de la concurrence économique ? Ces acteurs politiques remettraient-ils en question le principe de la libre formation du système des prix, l’une des règles cardinales de l’économie libre de marché ? Remettraient-ils en question le libre échange ? Récuseraient-ils la concurrence ?

Quels sont alors les programmes économiques et les projets sociétaux différents qu’ils proposent aux Ivoiriens ?

 Que pourrait apporter de plus à la Côte d’Ivoire, en matière d’unité nationale de la diversité sociale fondée sur la citoyenneté, cette « coalition » des forces de l’ethno-nationalisme et du populisme que le RHDP, en tant que front républicain et dans sa version de parti unifié, a justement  pour fonction de conjurer en maintenant notre pays dans la voie de la démocratie républicaine pluraliste ?

Modulée sous la forme de l’indignation vertueuse que leur bilan passé en matière de gouvernance dément, la dénonciation du gouvernement par les acteurs de la « coalition » en cours de formation ne saurait tenir lieu de programme. Quand on est, comme acteur politique, déçu d’une gouvernance, on propose au peuple un programme alternatif concurrentiel de gouvernement tout en prenant publiquement sa part de responsabilité dans le bilan du gouvernement sortant lorsque l’on en  fut une partie prenante.

Mes appels répétés à la réorientation programmatique et sociétale du débat ivoirien sont, jusqu’à ce jour, restés vains. Cette vacance qui suscite de la stupéfaction, n’est pas le signe d’une indifférence. Elle est, j’en demeure convaincu jusqu’à la preuve du contraire, le signe d’une incapacité et d’une inaptitude de ces acteurs politiques ivoiriens et de leurs intellectuels organiques respectifs à proposer au peuple ivoirien un programme politique, économique et social inclusif, structuré cohérent et innovant alternatif. La répétition paresseuse par ces acteurs politiques ivoiriens des modèles clivants et ségrégationnistes  des autocraties et des dictatures est l’attestation de leur déficience de légitimité démocratique.

On doit déplorer leur propension à demeurer psychologiquement enfermés à l’ère des autocraties, à en conserver les reflexes et les pratiques comme on le constate actuellement sur le terrain.

Cette dynamique d’allégeance de leaders communautaires mobilisant des bases sur le modèle du contrôle communautaire, diffusant des mots d’ordre descendant du haut des appareils partisans vers les populations citadines et villageoises quadrillées par des chefs d’ilots et de secteurs et leurs quasi-milices partisanes, rappellent les schémas des politiques d’épuration et d’ostracisation des États communautaires.

Identifiant le nombre démocratique, qui se constitue librement par les choix délibérés des acteurs sociaux, au nombre communautaire, qui se forme par une agrégation massive au moyen du contrôle communautaire, par l’ostracisme et la répression des dissidences, certains acteurs politiques ivoiriens, qui se gardent de décliner publiquement leur programme, mobilisent les logiques communautaires.

Que près de 70 ans après l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, certains de nos acteurs politiques qui mobilisèrent les coutumes dans les années 1990 pour s’approprier le Pouvoir et mettre le feu au pays en niant sa diversité, reprennent, dans une forme d’insouciance et d’impunité, cette logique mortifère en dit long sur le degré d’infantilisme qui anime le champ politique ivoirien!

Que ces individus, qui s’abritèrent après la catastrophe sous le parapluie protecteur du Droit après l’avoir nié à l’aune de leurs intérêts particuliers et de leurs ambitions personnelles en reconfigurant l’État sous le modèle communautaire, reprennent, dans une forme de procession honteuse, un pèlerinage vers la cour du Roi qui en fut l’instigateur, atteste de leur mépris souverain pour le peuple Ivoirien.

Cette crise mémorielle volontaire et cette morgue d’oligarques, soucieux de reconquérir le pouvoir d’Etat afin de protéger leurs intérêts acquis, illustre de manière emblématique leur hostilité envers la démocratie républicaine pluraliste.

Les questions graves que je viens de poser devraient constituer la substance du débat programmatique de notre affrontement politique car il y va de notre destin existentiel commun. On doit pour cela déplorer notre tendance commune à détourner le débat politique dans notre pays sur le jeu comique des acteurs dans le théâtre de foire auquel s’apparente l’affrontement politique Ivoirien. J’exhorte nos compatriotes à ne pas se laisser distraire par la dérive personnaliste qui permet à certains acteurs politiques ivoiriens de se reconstituer  une légitimité politique à peu de frais sur le camouflage  des logiques mortifères antidémocratiques véhiculées par leurs actions.

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