Les campagnes électorales précoces sont-elles autorisées par les procédures démocratiques ?  0

Respectons-nous, en Côte d’Ivoire, les procédures de la démocratie républicaines pluraliste en cette campagne électorale présidentielle 2020  précocement ouverte à trois ans de distance de la date officielle ? L’étrangeté mondialement inédite de cette campagne, causée par une guerre de succession qui tente d'entraver et de mettre en péril le service public ivoirien, a-t-elle été relevée et dénoncée par les divers « spécialistes » ivoiriens des questions de procédures? La question est donc de savoir si les règles du jeu démocratique sont respectées par toutes les parties prenantes du contrat social en Côte d’Ivoire. N’y-a-t-il pas des tricheurs abrités sous un discours démocratique démagogique qui biaisent les règles du jeu au détriment du peuple  ivoirien ?

L’alternance démocratique du pouvoir est une alternance de programmes et de projets sociétaux différents et concurrents parce que le pouvoir démocratique est l’instrument opérationnel d’une équipe de gouvernement qui applique un programme voté, à la majorité des voix, par le peuple souverain. A la notion d’alternance du pouvoir est a priori synthétiquement liée la notion de programmes différents. Le terme médiateur qui relie ces deux notions, c’est la volonté démocratique.

L’alternance du pouvoir démocratique est donc politiquement impossible lorsque fait défaut une volonté démocratique permettant de relier le pouvoir à un programme différent et inclusif.

Certes, des alternances, sans programme et sans débat programmatique, sont possibles. C’est le fait des démocraties formelles qu’affectionnent certaines élites politiques africaines en mal de domination. Soutenus par leurs intellectuels organiques, ils fétichisent le pouvoir et désubstantialisent  la démocratie en la réduisant à sa dimension procédurale pour entretenir la confusion entre  légitimité démocratique et légalité. Dans cet enrobage se glisse l’escroquerie politique des alternances sous forme de chaises musicales qui entretiennent le statu quo de la domination.

Dans les démocraties avancées, l’alternance du pouvoir va de soi parce que tous les partis politiques s’engagent dans la compétition en possession d’un programme  structuré et d’un projet sociétal clair qui a été au préalable publiquement  porté à la connaissance du peuple souverain. La cohérence et la crédibilité de ce programme politique sont mises à l’épreuve dans des débats contradictoires entre les candidats à l’exercice du pouvoir suprême durant la période d’une campagne électorale. Respectant à la fois les procédures et la substance de la démocratie, cette campagne électorale est ouverte durant l’année de l’élection  présidentielle.

Les éléments de ce cahier de charges représentent des évidences politiques. La question est de savoir si ces réquisits démocratiques unissant la légalité à la légitimité sont respectés en Côte d’Ivoire par toutes les parties prenantes du contrat social ? La question est de savoir si les règles du jeu démocratiques sont respectées par toutes les parties prenantes du contrat social ? N’y-a-t-il pas des tricheurs abrités sous un discours démocratique démagogique qui biaisent les règles du jeu au détriment du peuple  ivoirien ?

 

 

 

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