Attentat terroriste de Ouagadougou ! Pourquoi et que faire ?

Le scénario d’asservissement culturel et économique des populations de l’Afrique Noire  n’a pas varié d’un iota depuis des siècles. Une entreprise d’expansion économique et culturelle, murie hors d’Afrique, enrôle de gré ou de force des Négro-africains en qualité d’agents actifs locaux, c’est-à-dire précisément en qualité de mules serviles pour implanter territorialement en Afrique Noire, l’idéologie, la culture ,les représentations et les comportements qui vont assurer sa tutelle. Le chef de l’expédition de Ouagadougou avait « des traits maghrébins, mesurait un peu plus d’1,80 m et portait une chemise bleu-rouge avec un jean ». Il dirigeait l’équipée  sanglante sur Ouagadougou à la tête d'un commando constitué de deux Négros Africains, des hommes de main du chef missionné par Aqmi la filiale maghrébine d’une entreprise terroriste implantée au Moyen-Orient. Combattre les « croisés » (sic) en Afrique, y implanter un nouvel islam sectaire dans un projet d’acculturation, déraciner l’islam contemplatif syncrétique des Africains, le remplacer par un islam politique réinterprété comme idéologie d’un Etat expansionniste, telles sont les missions confiées aux filiales maghrébines de la centrale moyen-orientale,  et sous-traitées localement par des Négro-africains recrutés en tant que mercenaires pour les besoins de la cause lointaine. Du Nigeria, où des émules qui sont en réalité des mules locales se sont pleinement réapproprié ce projet, au Mali, une stratégie de pénétration de l’Afrique Noire configurée selon le modèle du Croissant se substitue après deux siècles à l’ancienne pénétration coloniale qui fut configurée selon le modèle de la Croix.

Est-il besoin de nous rappeler en Afrique Noire que l’Islam libérateur qui a aidé à combattre la colonisation, à résister à la tutelle de l’impérialisme occidental des 18ème et 19ème Siècles n’est pas cet Islam là ? Est-il besoin de nous rappeler en Afrique que notre Islam contemplatif et mystique, cette source de réarmement moral et spirituel des musulmans africains, en ces temps troublés, est en réalité la cible de cet islam politique et affairiste venu d’ailleurs ?

A l’africain noir qui n’a pas perdu la mémoire, ces nouvelles équipées sanglantes menées à dos de 4×4, pour diffuser à coup de kalachnikov et de bombes, de sabres et de fouets, de flagellations et d’amputations, de décapitations et d’attentats suicides, un islam sectaire venus du Moyen-Orient, rappelle les rezzous esclavagistes menés à dos de chameaux durant lesquels des enturbannés, venus des sables du désert, venaient installer leur tutelle culturelle sur les Négros- Africains et s’approvisionner en bétail humain. Les 4×4 d’aujourd’hui ont remplacé chameaux et les chevaux des rezzous d’hier dans un nouveau projet d’acculturation forcée et d’asservissement qui passe par la destruction de l’Islam syncrétique local africain.

 Au Mali, Tombouctou, temple de l’Islam soufi culturellement réapproprié par l’Afrique Noire, fut la cible symbolique de cette nouvelle acculturation projetée depuis les monarchies pétrolières affairistes du Moyen-Orient. Dans un plan mûrement réfléchi de destruction des  mémoires locales, les tombes sacrées des Saints de l’Islam africain de Tombouctou furent saccagées au Mali. Les Livres sacrés de cet Islam millénaire furent brûlés dans des autodafés. Les sectateurs africains du djihadisme moyen oriental de la terreur sont les cocus écarlates d’un projet politique sinistre qui n’a rien à voir avec l’Islam de Mahomet. Ces traitres à l’Afrique Noire, ces illuminés au mimétisme idiot et pitoyable,  ne sont guère les combattants d’un Islam de la liberté. Ce sont les complices africains d’une interprétation sectaire d’un Islam particulier d’origine familiale qui vise à asseoir dans le monde la domination d’une puissance étatique orientale particulière. Cette instrumentalisation politique et militaire de l’Islam, ce bras armé d’une volonté étatique de domination contre laquelle les musulmans du monde entier commencent de plus en plus à se dresser pour la combattre, vise à enfermer à nouveau le continent Noir dans le carcan d’un nouvel esclavage culturel et dans une nouvelle dépendance économique.

Osons espérer, par naïveté, que la chute continue des cours  du pétrole qui alimente la trésorerie sinistre de cette nouvelle barbarie  tarira la source de ce nouvel expansionnisme pire que l’impérialisme occidental d’hier. En attendant, il est vital de protéger activement l’Islam africain contre cette infection virale mortelle importée d’ailleurs. Il est urgent de défendre de toutes nos forces cette source de réarmement moral et spirituel des populations de confession musulmane du continent. Il faut pour cela unir toutes les forces des Etats démocratiques africains, rassembler celles des sociétés civiles par delà les frontières, protéger plus que jamais le vivre-ensemble et les valeurs de la République,  unir les peuples dans la culture de la laïcité qui est celle  du respect réciproque des religions dans l’espace de la République. Le virus terroriste de l’islam politique ayant tendance à s’infiltrer dans les failles générées par la transformation des régimes politiques, il faut impérativement sur le continent noir réformer avec doigté et intelligence les régimes autocratiques des Etats multiconfessionnels. Prendre la mesure de l’urgence, signifie mobiliser les consciences contre cette nouvelle agression politique extérieure qui procède  par embrigadement des consciences locales pour diviser intérieurement les sociétés. Ces agressions politiques ignobles qui endossent le masque confessionnel pour dissimuler leur inexpiable barbarie devraient désormais susciter de notre part en Afrique Noire des mobilisations massives spectaculaires transfrontalières et multiconfessionnelles pour dire NON. Il est temps de sonner dans toute l’Afrique Noire le cors de la  la Résistance.

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